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SILA 2026 : « Bab El Mahroussa et les clés emprisonnées », le nouveau voyage fantastique de Zineb Ouannes

SILA 2026 : « Bab El Mahroussa et les clés emprisonnées », le nouveau voyage fantastique de Zineb Ouannes
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À la croisée du conte, de l’aventure et de la légende, « Bab El Mahroussa et les clés emprisonnées » entend faire voyager le lecteur dans une Alger où la réalité se mêle à l’imaginaire. Signée par l’autrice algérienne Zineb Ouannes, cette série de fantasy sera présentée à l’occasion de la 29e édition du Salon international du livre d’Alger (SILA 2026), qui se tiendra du 28 octobre au 7 novembre au Palais des Expositions des Pins Maritimes (SAFEX).

Publié aux éditions Khayel pour l’édition et la traduction, le premier volet de la série, intitulé « L’Élu », plonge le lecteur dans une aventure nourrie par la mémoire algérienne, la musique, la Casbah d’Alger et les codes du conte populaire.

Une fantasy aux couleurs d’Alger

Avec « Bab El Mahroussa et les clés emprisonnées », Zineb Ouannes fait le choix d’un imaginaire qui puise directement dans le patrimoine culturel algérien. Loin d’un univers fantastique détaché de toute géographie, son récit prend racine dans l’Alger ancienne, avec la Casbah comme l’un de ses principaux décors.

L’autrice revendique une écriture particulière, construite autour d’un mélange entre arabe classique et darija algérienne, avec une tonalité algéroise et un rythme inspiré de la langue de la Casbah. Le livre s’inscrit ainsi dans un registre proche de la fantaisie, avec ses énigmes et devinettes populaires qui invitent le lecteur à chercher, derrière les mots, des indices et des significations cachées.

Le titre lui-même annonce la couleur : ici, les portes ne sont pas seulement des passages et les clés ne servent pas uniquement à ouvrir des serrures. Elles deviennent les éléments d’une quête où chaque énigme peut rapprocher, ou éloigner, les personnages de leur objectif.

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Une histoire d’amour au cœur de l’aventure

Le premier tome, « L’Élu », raconte avant tout une histoire d’amour. Le lecteur y rencontre Slimane Srir, un jeune Algérien originaire de la Casbah, étudiant en première année de licence d’espagnol. Attaché à sa famille et à son quartier, il est présenté comme un jeune homme profondément enraciné dans son environnement.

Face à lui, Krishma Chakour, une jeune Indienne issue d’une famille fortunée, vit en Algérie avec ses proches. Étudiante en littérature arabe à l’université d’Alger, à Bouzaréah, elle découvre progressivement la capitale et sa culture.

Entre les deux jeunes gens naît une relation qui s’étend sur cinq années. Leur histoire devient également une rencontre entre deux cultures.

Slimane apprend à Krishma la darija et lui fait découvrir plusieurs grandes voix de la chanson algérienne, parmi lesquelles Fadila Dziria, Meriem Fekkai et Warda El Djazairia. Il lui fait également parcourir la Casbah et les différents quartiers d’Alger, à la découverte de leur histoire, de leur patrimoine et de leurs habitants.

Krishma, à son tour, partage avec lui des fragments de sa culture indienne, des mots, des chansons, mais aussi certaines pratiques liées au bien-être. Au fil de leurs promenades, les deux univers finissent même par se rencontrer dans la musique, lorsque les sonorités du chaâbi algérois se mêlent aux chants indiens.

Quand une histoire d’amour bascule dans le fantastique

Mais comme dans tout bon conte, la séparation vient bouleverser le cours de l’histoire. À la fin de leurs études, Krishma retourne en Inde et souhaite que Slimane l’y accompagne. Il refuse finalement, ne pouvant se résoudre à abandonner ses parents dont il est le seul fils.

Leur dernier échange prend alors une dimension symbolique. Slimane lui laisse un tableau représentant son propre visage. Krishma, de son côté, coupe une tresse de ses cheveux et la lui confie.

Après leur séparation, elle continue pourtant de lui écrire pendant plusieurs années. Puis, un jour, les lettres cessent. Six mois passent avant que Slimane ne reçoive une lettre de la mère de Krishma. La jeune femme est plongée dans le coma. Pour la sauver, Slimane doit se rendre en Inde.

Mais la réalité est ailleurs. Krishma serait prisonnière d’un mystérieux « sortilège du miroir », enfermée dans un univers où la frontière entre le réel et la légende s’efface progressivement.

Pour la retrouver, Slimane devra alors accepter de quitter le monde qu’il connaît et relever sept défis afin de retrouver sept clés. Une mystérieuse vieille dame l’accompagnera dans cette quête, qui doit le conduire bien au-delà de ce qu’il imaginait.

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De la Casbah à l’Inde, une quête appelée à se poursuivre

Le premier tome constitue ainsi le point de départ d’une aventure appelée à se déployer sur plusieurs volumes. La quête des clés doit conduire les personnages à travers plusieurs pays et plusieurs espaces culturels : l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte, la Syrie, la Jordanie, l’Irak et enfin l’Inde.

À travers ce périple, Zineb Ouannes entend faire dialoguer différentes traditions, tout en conservant un ancrage algérien fort. La mémoire d’Alger occupe notamment une place importante dans le récit. La Casbah n’y apparaît pas simplement comme un décor pittoresque, elle constitue un territoire chargé d’histoire, de musique, de personnages et de récits, servant de point de départ à une aventure qui s’étend progressivement vers l’ailleurs.

Une aventure fantastique sans basculer dans l’horreur

Malgré la présence de figures mystérieuses, comme la vieille dame, Bouchentouf ou Sassi Mido, « Bab El Mahroussa et les clés emprisonnées » ne se présente pas comme un récit horrifique.

L’ouvrage privilégie plutôt le mystère, l’aventure, le merveilleux et l’énigme, avec une écriture rythmée qui invite le lecteur à rester attentif aux détails.

L’autrice joue notamment sur les mots et les doubles lectures. Les énigmes sont disséminées dans le récit, faisant de la lecture une forme de jeu où le lecteur est lui-même amené à chercher les indices.

Zineb Ouannes, une plume entre poésie et imaginaire

Dans les premières pages de son ouvrage, l’autrice se présente elle-même à travers quelques vers qui résument son rapport à l’écriture : inspiration, douleur, sagesse et goût des mots y sont intimement liés.

Cette dimension poétique accompagne l’ensemble du projet, qui cherche à faire cohabiter la tradition du conte, la fantasy contemporaine et des éléments directement issus de la culture algérienne.

La parution de « Bab El Mahroussa et les clés emprisonnées – L’Élu » au SILA 2026 constitue ainsi une occasion pour le public de découvrir un univers fantastique qui revendique son identité locale tout en ouvrant son récit sur un espace beaucoup plus vaste.

La 29e édition du Salon international du livre d’Alger accueillera les visiteurs du 29 octobre au 7 novembre 2026, de 10h à 19h, au Palais des Expositions des Pins Maritimes. L’inauguration officielle est prévue le 28 octobre. Cette édition réunira 1 258 exposants venus de 49 pays, sur une superficie de 23 000 m², avec quelque 240 000 titres annoncés.

Pour Zineb Ouannes, le voyage de Slimane ne fait cependant que commencer. Sept clés restent à retrouver, plusieurs frontières à franchir et autant d’énigmes à résoudre.

DN

Dina Nedjma

Dina Nedjma Journaliste – Économie, analyse et international

Dina Nedjma est journaliste chez Algerie360 depuis 2019. Spécialisée dans l'économie, l'analyse et l'actualité internationale, elle couvre également l'investissement en Algérie ainsi que les principaux salons, forums et événements économiques organisés à travers le pays.

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