Selon l’office des nations unies contre la drogue: Le cannabis finance les groupes terroristes

Selon l’office des nations unies contre la drogue: Le cannabis finance les groupes terroristes

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Il existe des raisons de croire que le groupe Al-Qaïda au Maghreb islamique est impliqué dans le trafic de cannabis et de cocaïne.

La commercialisation des drogues sous toutes leurs formes est une source de financement au profit des groupes terroristes. Une conclusion qui ne date pas d’hier, mais de deux décennies, quand l’Algérie avait durant les débuts des années 2000, établi des rapports ficelés pour avertir sur ce phénomène, mais également sur les grandes complicités qui existent entre les groupes terroristes et les narcotrafiquants. Ce sont deux organisations criminelles organisées qui ne peuvent pas être dissociées. La donne vient d’être confirmée par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime organisé. «Le commerce des drogues profite à certains groupes terroristes, groupes d’insurgés et groupes armés non étatiques», selon les conclusions du nouveau Rapport mondial sur les drogues, publié mardi à Vienne.

Le directeur exécutif de l’Onudc, Yury Fedotov souligne, qu’«il est établi avec certitude, que des terroristes et groupes armés non étatiques tirent profit du commerce de la drogue», indiquant, dans le préface du rapport, que «l’Assemblée générale, dans le document final qu’elle a adopté en 2016 à sa session extraordinaire sur le problème mondial de la drogue, et le Conseil de sécurité, dans différentes résolutions, se sont inquiétés des bénéfices que le trafic de drogues, entre autres formes de criminalité transnationale organisée, procurait aux groupes terroristes». Par les chiffres, il s’agit de 85% des cultures de pavot à opium d’Afghanistan qui se situeraient en territoire contrôlé par les taliban. Mais pas seulement, puisque le rapport en question parle de l’existence de nombreuses informations sur l’implication des taliban dans le commerce des drogues».

Dans son document, l’Onudc fait état «d’environ 150 millions de dollars rapportés en 2016 par le commerce illicite des opiacés afghans sous forme d’impôts sur la culture du pavot à opium et sur le trafic d’opiacés, aux groupes armés non étatiques». Pour sa part, le Comité du Conseil de sécurité a estimé que «le revenu annuel global des taliban est d’environ 400 millions de dollars, dont probablement la moitié proviendrait de l’économie illicite de la drogue».

L’Afghanistan n’est pas le seul pays à être remarquablement un bastion de la drogue «le cas de la Colombie est aussi révélateur où les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) sont impliquées dans le commerce local de drogues depuis des dizaines d’années», indique encore le document. Citant des sources sans les identifier le rapport signale que «le trafic de drogue rapporte chaque année aux Farc, près d’un milliard de dollars au total». Il en est de même pour l’Etat Islamique. Le rapport en évoquant le cas de l’Irak, affirme que «Daesh et d’autres groupes armés présents dans ce pays et en Syrie, produisent et consomment des comprimés de captagon (nom donné à une drogue généralement à base d’amphétamine additionnée de caféine)». Le groupe criminel Boko Haram est également l’un des groupes qui tire profit du trafic de drogue. Sa complicité avec les narcotrafiquants est avérée. Il est même l’acteur principal dans l’introduction de l’héroïne et de la cocaïne en Afrique, notamment en Afrique de l’Ouest.

Le rapport indique que «plus au nord, il existe des raisons de croire que le groupe Al-Qaïda au Maghreb islamique est impliqué dans le trafic de cannabis et de cocaïne, ou du moins qu’il protège des trafiquants». Le contraire n’est pas à écarter. Dans la conjoncture actuelle les rôles pourraient être inversés. Autrement dit, ce sont les narcotrafiquants qui protègent les groupes terroristes. Enfin, dans ce document il est souhaité des gouvernements «d’aider à améliorer les données sur lesquelles reposent ces rapports». Le rapport ne manquera pas de souligner que les conclusions du nouveau rapport mondial montrent que «les marchés de la drogue se développent, la production de cocaïne et d’opium atteignent des records absolus, présentant de multiples défis sur plusieurs fronts». Comme exemple on cite «L’Afghanistan se taille la part du lion avec une production de 9.000 tonnes, soit 87% de plus qu’en 2016. Les surfaces de culture de pavot à opium ont progressé de 37% au niveau mondial entre 2016 et 2017, atteignant 420.000 hectares, dont plus des trois quarts se trouvent en Afghanistan où cette manne contribue à financer l’insurrection qui déstabilise le pays».

Dans le rapport onusien on ne manquera pas de donner des chiffres aussi bien sur le taux de production que sur le taux de consommation alertant sur les risques du développement des drogues dures et douces dans le monde, notant que certains médicaments ont été détournés de leurs usages initiaux pour être utilisés comme des drogues. A noter également, que le Maroc reste l’un des pays les plus producteurs de kif traité dont le trafic dépasse de loin les frontières pour être acheminés vers les pays de l’Europe.