Le directeur du renseignement national américain (DNI), James Clapper, a affirmé que l’affaiblissement de l’organisation d’Al Qaida a forcé cette dernière à s’appuyer davantage sur ses affiliés tels AQMI en Afrique du Nord et les autres groupes en Somalie et au Yémen, notamment.
Dans son audition devant la commission du renseignement du Sénat, consacrée à l’évaluation des menaces à la sécurité des Etats-Unis, M. Clapper a considéré, qu’Al-Qaida dans le Maghreb islamique (AQMI) et celle de la péninsule arabique (AQAP), et Al-Shabaab en Somalie « resteront engagées dans l’idéologie » d’Al-Qaida. Chacun de ces groupes, a-t-il poursuivi, « cherchera les opportunités pour frapper des cibles occidentales dans sa zone respective », ajoutant que « l’intention et la capacité de chacun de ces groupes à mener des attaques transnationales varie largement ». Selon le patron de DNI, « le devenir de chacun de ces groupes et son rôle dans le mouvement djihadiste dépendront du rythme et de l’efficacité des opérations de contre terrorisme, ainsi que de la concurrence entre les djihadistes à mener des opérations terroristes qu’ils prévoient à l’échelle locale et internationale ».M. Clapper, que les médias américains surnomment »le parrain du renseignement humain », a considéré que les deux à trois prochaines années seront une « phase de transition critique de la menace terroriste » à laquelle font face les Etats-Unis, en particulier celle d’Al-Qaida et des groupes similaires appelés « mouvement djihadiste mondial ».
A ce propos, il a prédit que durant cette période de transition, le leadership de ce mouvement va devenir plus décentralisé avec « une diminution de l’importance opérationnelle du noyau d’Al-Qaida (basé au Pakistan), une planification et le lancement d’attaques terroristes par les groupes affiliés à Al-Qaida et une multiplication des parties pour inspirer le mouvement ».Dans ce sens, le chef du renseignement américain a soutenu que « des efforts vigoureux et continus dans la lutte contre le terrorisme et une coopération approfondie avec les alliés et partenaires sont le meilleur moyen pour que la décentralisation d’Al Qaida se dirige vers une fragmentation du mouvement dans quelques années ». Lors de son audition, le chef du DNI a également abordé les défis mondiaux à travers chaque région et considéré dans ce sens, que « le monde arabe est dans une période de bouleversements et de changements qui mettront au défi la capacité des Etats-Unis d’influencer les événements au Moyen-Orient ». Selon lui, les forces motrices de changement sont confrontées aux élites dirigeantes, au manque d’expérience en matière de démocratie, à la dépendance des richesses en ressources naturelles, et aux rivalités des puissances régionales, ajoutant que ces transitions politiques sont susceptibles d’être »complexes et prolongées ».
Pour M. Clapper, si les gouvernements arabes « prennent des mesures concrètes permettant à leurs populations de participer dans la vie politique et dans les institutions démocratiques, tout en poursuivant leurs efforts de lutte contre le terrorisme, le noyau d’Al-Qaida et le mouvement djihadiste mondial connaîtra un revers stratégique ». Toutefois, a prévenu ce responsable, qui a également occupé auparavant le poste de chef du renseignement au Pentagone, une instabilité prolongée ou la non tenue des promesses pour engager les réformes donneraient à Al-Qaida et à ses groupes affiliés autant d’opportunités pour exploiter les frustrations générées.
