Après quatre mois d’attente, depuis les législatives du 10 mai dernier, l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia n’a pas remis la démission de son gouvernement au président de la République, comme le veut la tradition, et a continué à fonctionner avec sept ministères gérés par intérim.
Le chef de l’Etat a attendu l’ouverture de la session parlementaire à laquelle a assisté le staff de l’Exécutif pour annoncer dans la soirée la nomination de l’ex- ministre des Ressources en eau, Abdelmalek Sellal, au poste de Premier ministre. L’homme n’appartient à aucune formation politique.
Il s’agit d’un choix clair pour ceux qui s’attendaient à la nomination du SG du FLN, Abdelaziz Belkhadem, a ce poste ; comme ce fut le cas en 2006 ou en 1999 avec la nomination de l’ex-SG du FLN, Ali Benflis. «Abdelaziz Bouteflika, président de la République, a mis fin ce jour aux fonctions du Premier ministre, monsieur Ahmed Ouyahia, qui lui a présenté la démission du gouvernement», a indiqué le communiqué de la Présidence. Hier, Abdelmalek Sellal, nommé la veille au poste de Premier ministre, a pris officiellement ses nouvelles fonctions lors d’une cérémonie de passation de pouvoirs avec son prédécesseur, Ahmed Ouyahia. Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a mis fin lundi aux fonctions du Premier ministre Ahmed Ouyahia et nommé
Abdelmalek Sellal dans le même poste et ce, conformément aux dispositions de l’article 77, alinéa 5 de la Constitution. Il est à noter que le nom de l’ex-ministre des Ressources en eau, ex-ministre de l’Intérieur, des Transports et de la Jeunesse et des Sports par intérim, figurait depuis des années dans les rumeurs portant sur le remaniement ministériel ou gouvernemental. Abdelmalek Sellal, qui n’adhère à aucun parti politique et qui a conduit la campagne électorale de Bouteflika en 2009, avait déclaré en 2007 que le remaniement du gouvernement, annoncé à l’époque, ne l´intéressait aucunement. «C’est le dernier de mes soucis», a-t-il laissé entendre ironiquement. Il dira également : «Je suis bien là où je suis actuellement». Il a été pressenti à la tête du gouvernement lorsque Ahmed Ouyahia avait déposé sa démission en 2006. Mais le chef de l’Etat avait fait appel à Abdelaziz Belkhadem avant de rappeler Ouyahia en 2008. Après toutes ses années de rumeurs, le président Bouteflika a opté pour Abdelmalek Sellal. Né le 1er août 1948 à Constantine, Abdelmalek Sellal a occupé plusieurs postes de responsabilité. Il a été chef de cabinet à la wilaya de Guelma, conseiller technique au ministère de l’Education nationale, chef de daïra à Tamanrasset et Arzew, wali de Boumerdès, Adrar, Sidi Bel Abbès, Oran et Laghouat.
Il a également occupé le poste de chef de cabinet auprès du ministre des Affaires étrangères, directeur général des ressources au ministère des Affaires étrangères, puis ambassadeur à Budapest (Hongrie). A son retour, il est nommé ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, puis de l’Environnement, de la Jeunesse et des Sports, des Travaux publics, des Postes et des technologies de l’information et de la communication (MPTIC), enfin ministre des Transports, avant d’atterrir en 2006 à la tête du département des Ressources en eau. Si on se base sur les chiffres, le secteur des Ressources en eau a enregistré de grandes réalisations à coups de milliards de dollars. Il n’a pas été secoué par les scandales de corruption qu’ont connus ces dernières années notamment les Travaux publics avec l’autoroute Est-Ouest et l’Energie. Il est à rappeler que Abdelmalek Sellal a été directeur de la campagne électorale du candidat Abdelaziz Bouteflika, lors des élections présidentielles de 2004 et 2009.
La nomination de M. Sellal intervient à deux ans de la fin du troisième mandat du Président Bouteflika, donc sa première mission est de finaliser le programme d’investissement public 2010-2014 dans un climat économique mondial difficile avec la crise économique mondiale et ses répercussions sur le prix de baril, donc sur les réserves de change algériennes. Cette nomination intervient également à moins de trois mois de l’organisation des élections locales prévues pour le 29 novembre prochain, en attendant la révision de la Constitution.
Par Nacera Chennafi
