Ségolène Royal : « Tout le monde s’entend avec l’Algérie, sauf la France »

Revenue d’un déplacement en Algérie, Ségolène Royal a repris le fil de ses critiques contre la méthode employée par Paris à l’égard d’Alger. Invitée de LCI, la présidente de l’Association France-Algérie a résumé sa pensée en une formule cinglante : « Tout le monde s’entend avec l’Algérie, sauf la France ». Son raisonnement tient en peu de mots : les contrats d’abord, la réconciliation politique ensuite.
L’ancienne ministre observe que trois grandes économies européennes avancent sans complexe sur le terrain algérien. Berlin, Madrid et Rome y négocient hydrocarbures et accords industriels, pendant que la relation franco-algérienne reste figée dans les polémiques. Une situation qu’elle juge absurde au regard de la proximité géographique entre les deux rives.
Ségolène Royal défend l’achat de gaz algérien pour alléger la facture française
L’argument central tient à l’énergie. Pour la responsable associative, aller chercher le gaz algérien relèverait du simple bon sens économique. Elle s’interroge ouvertement sur ce que les ménages français auraient à gagner si Paris sécurisait des volumes à des tarifs plus avantageux, à l’image de ce que font ses voisins.
Cette position n’est pas nouvelle. En août dernier, elle avait déjà fustigé la spéculation sur les prix de l’énergie en France, reprochant aux responsables français de laisser filer des approvisionnements que d’autres capitales européennes verrouillent par contrat.
La baisse du prix du carburant figure également dans son argumentaire. Selon elle, un partenariat équilibré entre les deux pays pourrait produire des effets concrets sur le pouvoir d’achat. « N’est-ce pas intelligent ? Si je devenais un jour présidente de la République, je le ferais », a-t-elle lancé.
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L’usine Opel en Algérie face au chantier Renault abandonné à Oran
Le secteur automobile illustre, à ses yeux, le décrochage français. Elle a cité le projet d’implantation d’une usine Opel en Algérie, avant de rappeler le sort du site Renault d’Oran, aujourd’hui à l’arrêt. Deux trajectoires opposées pour un même marché.
Ce constat rejoint celui qu’elle formulait en juillet dernier, lorsqu’elle évoquait une diplomatie française incapable de préserver ses positions économiques à Alger face à des concurrents européens bien plus offensifs.
La dimension humaine complète sa démonstration. En interrogeant les téléspectateurs sur le nombre de médecins algériens exerçant dans les hôpitaux français, elle a voulu rappeler combien les deux sociétés restent imbriquées, bien au-delà des querelles diplomatiques.
Ségolène Royal mise sur les chefs d’entreprise pour relancer les relations France-Algérie
Sa conviction est que les décideurs économiques peuvent précéder les politiques. Des entrepreneurs travaillant ensemble sur des projets concrets, de part et d’autre de la Méditerranée, créeraient selon elle les conditions d’un apaisement institutionnel durable.
Cette lecture fait écho aux signaux envoyés par le patronat algérien. Le CREA avait d’ailleurs souligné que les milieux d’affaires français renouaient le dialogue avec Alger, au moment où Espagnols, Italiens et Américains multiplient les approches.
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Tassili, patrimoine et Gleizes : les autres volets du déplacement
À la tête de l’Association France-Algérie depuis un an et trois mois, Ségolène Royal rappelle que cette structure est née dans l’après-guerre d’Algérie, à l’initiative du général de Gaulle, avec pour mission d’entretenir les liens entre les deux peuples.
Elle précise ne pas répondre à chaque sollicitation et réserver ses déplacements aux rendez-vous marquants. Son dernier séjour coïncidait avec un festival d’art rupestre organisé à Djanet, dans le Tassili. L’occasion pour elle de saluer la richesse patrimoniale de la région, loin des clichés souvent véhiculés.
Le cas du journaliste français Christophe Gleizes, incarcéré en Algérie, a également été abordé. Elle affirme l’avoir rencontré sur place, comme à chacune de ses visites, et le décrit moralement solide, tout en reconnaissant que sa détention s’éternise. Une préoccupation qu’elle associe à son appel répété pour que Paris engage le premier geste envers Alger.
🔴🗣️ « J’ai rencontré Christophe Gleizes » : @RoyalSegolene revient sur son échange avec le journaliste français détenu en Algérie
📺 Face à @DariusRochebin et @leonardattal sur LCI https://t.co/xMAzukIDV5
— LCI (@LCI) October 27, 2026








