Sécurité énergétique et sécurité alimentaire: des experts algériens posent les vraies questions

Sécurité énergétique et sécurité alimentaire: des experts algériens posent les vraies questions

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Les panélistes ont disséqué la problématique de la sécurité énergétique et la géopolitique qui vient de montrer son influence sur les mutations considérables que traverse le secteur énergétique au niveau mondial en tenant compte des enjeux climatiques qui sont aussi intrinsèquement liés à l’énergie.

L’association des ingénieurs d’Etat diplômés de l’Institut algérien du pétrole (Aied-IAP) à travers son «Club-Energie», a organisé hier le 5e colloque sur le thème «problématique de la sécurité énergétique pour l’Algérie à l’horizon 2030 et au-delà» à l’Institut de formation de l’électricité et du gaz, Sonelgaz.

Le cinquième colloque s’attellera à valoriser et mettre en oeuvre les recommandations qui ont été traitées lors des colloques précédents et aussi les résolutions du 1er Congrès international sur les énergies renouvelables, la sécurité énergétique, la sécurité alimentaire en Algérie, organisé en avril de l’année en cours.

Les axes débattus lors de ce cinquième colloque et en rapport avec la problématique de la sécurité énergétique sont: l’environnement-stratégie-gouvernance, la recherche et le développement et les recommandations à mettre en pratique et exécution, et aussi celui qui est déterminant dans ce processus visant à asseoir une stratégie de moyen terme en matière de politique énergétique pour l’Algérie, à savoir le renforcement des capacités en production et en recherche et prospection.

Le cinquième colloque était l’espace où un nombre important de spécialistes et d’experts algériens et étrangers ont pris part à des échanges et des débats fructueux sur l’avenir de l’Algérie dans le domaine de l’énergie et sa sécurité énergétique en rapport avec les nouvelles exigences qui s’imposent au niveau mondial quant aux aspects liés à l’environnement et le développement durable.

Enjeux géopolitiques

Les panélistes ont disséqué la problématique de la sécurité énergétique et la géopolitique qui vient de montrer son influence sur les mutations considérables que traverse le secteur énergétique au niveau mondial en tenant compte des enjeux climatiques qui sont aussi intrinsèquement liés à l’énergie. Les experts qui ont participé à ce 5ème colloque sur la problématique de la sécurité énergétique ont engagé la conception d’une feuille de route par rapport à la notion de transition énergétique et les mécanismes susceptibles d’actionner ce processus d’ici 2030. Pour les experts de l’énergie, la transition devrait tenir compte de la nécessaire mobilisation des «ressources énergétiques suffisantes pour répondre à la demande croissante d’énergie à l’horizon 2030 et au-delà», a attesté Sahbi Daoud consultant dans le domaine de l’énergie et ex- président-directeur général de l’Entreprise nationale de forage (Enafor).

Il ressort de ce 5e colloque que la sécurité énergétique doit se consolider en se dotant de leviers qui vont lui permettre d’être en osmose avec les mutations que traverse le monde énergétique et les sphères qui ont un rapport étroit avec ce secteur stratégique et vital. Pour les experts en la matière qui ont défendu la stratégie énergétique de l’Algérie à l’horizon de 2030, la question de la modernisation du secteur énergétique «est considérée plus que jamais comme le vecteur du progrès et du développement économique au service de la collectivité. Dans un contexte de plus en plus complexe et incertain en matière d’énergie, l’épuisement prévisible des réserves d’hydrocarbures conventionnelles du pays, l’augmentation démographique et la probable interdépendance croissante eau/énergie/alimentation caractérisent la vulnérabilité du secteur de l’énergie», a relevé le Club-Energie à travers son association des ingénieurs d’Etat diplômés de l’Institut algérien du pétrole lors de ce 5e colloque dédié à la sécurité énergétique.

La sécurité énergétique est prise avec prudence et sérieux par les autorités publiques. D’où cette stratégie qui se rapporte aux enjeux d’un futur proche dans le domaine de l’énergie fossile et le renouvelable qui s’impose comme un vrai défi et un challenge de premier choix.

De ce point de vue, le Club Energie qui est derrière la réflexion et aussi la mise en place d’un schéma exhaustif et prometteur à la fois en ce qui concerne les perspectives de l’Algérie dans le secteur énergétique et sa sécurité, a jugé «nécessaire d’inviter des compétences de plusieurs horizons disciplinaires à discuter sur la problématique de la sécurité énergétique», le Club Energie se veut comme un espace de réflexion et d’études relevant de la prospective, d’ailleurs c’est pour cette raison qu’il rappelle qu’«il est important de prendre une distance par rapport aux discours vertueux et faire le point sur la dialectique entre énergie et institutions afin d’éclairer certains aspects sur ce sujet», a rappelé le Club Energie à propos de l’enjeu de la sécurité énergétique qui est conçu comme démarche stratégique relevant de la sécurité nationale même.

Valoriser le potentiel énergétique

Dans le cadre de cette dynamique nationale de mise en place d’un nouveau concept en adéquation avec les défis et les enjeux géopolitiques de l’énergie, l’Algérie semble bien comprendre et cerner l’importance que requiert ce secteur névralgique qui a besoin de se mettre au diapason des exigence d’un monde énergétique en perpétuelle mutation et métamorphose.

Les experts ont proposé une série de propositions, voire des recommandations dans l’objectif de répondre aux changements et transformations extraordinaires qui caractérisent le secteur énergétique de par le monde. L’une des recommandations c’est de réviser le Programme national des énergies renouvelables «Pner» à l’horizon 2030. La définition des objectifs réalistes et réalisables qui ont des rapports avec les énergies renouvelables et qui seront corroborés par une stratégie claire et cohérente.

La démarche qui sied à la sécurité énergétique doit être soutenue par des mesures globales et systémiques où plusieurs disciplines doivent être impliquées.

D’ailleurs, dans ce sens, les participants, à savoir les experts et les spécialistes de la chose énergétique ont mis l’accent sur la nécessité de réviser les lois relatives à l’investissement et au financement des projets liés aux énergies renouvelables (Enrs). Les panélistes ont avancé aussi une démarche sous forme de recommandation dans la perspective de mettre en place une société de développement composée de Sonatrach, Sonelgaz et autres acteurs privés. C’est une manière de relancer un processus concret et rentable et aussi efficace d’ici 2030. C’est-à-dire créer un comité ad hoc qui sera composé des représentants des finances, ministère de l’Energie, ministère de l’Environnement et la société civile dans l’objectif d’élaborer des stratégies visant la consolidation et le renforcement de la sécurité énergétique de l’Algérie et sa transition vers une nouvelle conception, à savoir l’énergie renouvelable et de développement durable. Toute cette démarche qui a été abordée par les experts et les spécialistes de l’énergie sous la bannière de Club Energie s’inscrit dans le sillage de la valorisation énergétique du pays et de développement de ses capacités dans ce domaine aussi stratégique et vital.