Une agence nationale des secteurs sauvegardés vient d’être créée par un décret adopté récemment par le gouvernement.
Interrogé sur les missions et les objectifs de l’Agence nationale des secteurs sauvegardés, le directeur général de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés, Abdelwahab Zegagh, a indiqué que l’agence est attendue depuis très longtemps, plus exactement depuis la loi 98-04 sur le patrimoine et surtout après les textes exécutifs de 2003 des secteurs sauvegardés. «Nous attendions ce texte primordial pour mettre en place l’élaboration des plans de sauvegarde que nous sommes en train d’élaborer sur plus de onze villes», a-t-il expliqué.
Il fallait absolument un organe d’exécution qui gère ces secteurs puisque certains se trouvent au niveau de plusieurs communes, et pour unifier toutes ces actions il fallait un seul interlocuteur.
Cette agence représente une assise juridique pour protéger et agir sur ces sites historiques. «Sur l’urbain, il y a plusieurs acteurs, notamment les collectivités locales avec leurs élus ainsi que toutes les directions déconcentrées de l’Etat qui agissent sur le secteur et tout cela crée une espèce de ‘’cacophonie’’», a indiqué M. Zegagh. En effet, «chacun de ces secteurs essaie de faire ce qu’il a à faire seulement et ne s’intéresse pas au côté patrimonial de ces secteurs. Pour l’adoption de ce décret, il a fallu pas moins de trois ans», a-t-il ajouté. Selon lui, le retard accusé est dû à une mauvaise compréhension de cet instrument vital qui existe déjà dans d’autres pays.
«Nous bénéficions aujourd’hui de l’expérience de plusieurs pays, aussi bien à l’échelle maghrébine que méditerranéenne et mondiale. Nous disposons d’organes qui ont l’autonomie financière pour pouvoir gérer directement et appliquer surtout un plan permanent de sauvegarde. Ce qui est très compliqué. D’ailleurs, ce sont des experts qui doivent se charger de la gestion. Il faudrait bien sûr que cette Agence nationale qui a aussi ses antennes à travers les wilayas, puisse dialoguer directement avec les occupants, gérer, acheter, négocier et contrôler tout ce qui se fait à l’intérieur de ce secteur.
Et cela pour éviter les constructions illicites et bannir les matériaux incompatibles avec le secteur sauvegardé.»
M. Zegagh a aussi souligné que cette agence gérera en premier lieu le secteur mère, à savoir la Casbah, classée patrimoine mondial depuis plus de 20 ans.
Ce secteur est contrôlé par les instances internationales, notamment l’Unesco.»
