Scandales au service des urgences de l’hôpital Ibn Rochd d’Annaba : images affligeantes du quotidien des malades

Scandales au service des urgences de l’hôpital Ibn Rochd d’Annaba : images affligeantes du quotidien des malades

4-2-240.jpgSuite à une série de scandales et de drames à l’hôpital d’Annaba, l’insécurité, la négligence et les défaillances, notamment au service des urgences ainsi qu’au service maternité, le secteur de la santé est devenu «malade» à Annaba.

Le service d’urgences reflète le niveau minable de la médecine algérienne. La dégradation des conditions de travail, le comportement irresponsable du personnel médical, les mauvaises conditions d’accueil des patients, de même que l’insécurité sont devenus un problème grave au niveau de tout service des urgences ou point de soin implanté dans la wilaya d’Annaba, une situation de plus en plus insoutenable pour les citoyens. Ces derniers expriment leur choc par la violence.

Le service maternité est ainsi devenu une catastrophe inimaginable, les patientes sortant nues du bloc et se prenant en charge toute seules dans des conditions épouvantables. Là, aussi, le comportement des sages-femmes est dénoncé. Elles font preuve d’irrespect envers les malades, faisant montre d’un mépris total à leur égard. Mais il n’y a pas que cela, tout le personnel, y compris les médecins, met son grain de sable pour rendre encore plus pénible la situation.

L’absence d’hygiène est souvent le maillon faible de la chaîne de prise en charge des femmes, et il devient impératif de rendre les services, particulièrement celui de la maternité, plus accueillants. Ainsi, Zouleifa Gouriene, 38 ans, admise en urgence au service maternité de l’hôpital Ibn Rochd, nous raconte sa tragédie : «A mon 7ème mois de grossesse, j’étais sous la menace réelle d’un avortement et j’ai perdu mon bébé. Je suis sortie du bloc toute nue, seule et sans aucune assistance médicale. Je suis restée dans une chambre de 8 lits et j’ai partagé le mien avec trois autres femmes. J’étais sous une menace réelle et personne ne voulait me prendre en charge. Je me suis rendue toute seule aux toilettes, et là, il y avait la poubelle, des taches de sang et des cafards qui circulaient partout…

De même, les femmes de ménage volent sans scrupules, des femmes ayant accouché jettent leurs serviettes hygiéniques et les couches de leur bébé dans les canalisations, les malades volent les draps…bref, je n’ai même pas été gardée en observation alors que j’étais réellement en danger».

Sara Tamrabet