La Cour d’Alger a rendu son verdict dans une affaire de la Résidence d’Etat du Sahel. Une lourde affaire de corruption impliquant 24 accusés, dont un entrepreneur influent et le fils d’un ancien wali d’Oran.
Selon le média « Echourouk », la chambre pénale a confirmé les peines prononcées en première instance par le tribunal de Chéraga. L’entrepreneur “M. Abdelnour” a été condamné à cinq ans de prison ferme assortis d’une amende de 500 000 dinars pour obtention d’avantages indus par pression sur des agents publics, passation de marchés publics non conformes et dissimulation de preuves, tout en étant acquitté du chef d’accusation de blanchiment d’argent.
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Le tribunal a également prononcé une peine de trois ans de prison ferme et une amende de 200 000 dinars contre “T. Mohamed”, tandis que “M. Mohamed” a écopé de six mois de prison ferme et de 50 000 dinars d’amende pour divulgation de secret professionnel et abus de fonction. Par ailleurs, des peines allant d’un à deux ans de prison ferme, assorties d’amendes comprises entre 100 000 et 200 000 dinars, ont été infligées à des employés de la commune de Ouled Fayet pour abus de fonction et complicité. En revanche, les autres accusés, dont le fils de l’ancien wali, ont été acquittés.
En outre, la justice ordonné à “T. Mohamed” et “M. Mohamed Amine” de verser solidairement une indemnisation de 500 000 dinars à la partie civile, représentée par la Résidence d’État du Sahel.
Les enquêtes et découvertes
L’affaire trouve son origine dans une enquête judiciaire ouverte à la suite d’un scandale impliquant un ancien wali d’Oran, accusé d’avoir cédé plusieurs biens, dont un appartement et un bateau de plaisance, à son fils. Ce dernier les aurait ensuite revendus, notamment un appartement situé à Ouled Fayet, à l’entrepreneur “M. Abdelnour”, dans des conditions jugées suspectes et illégales.
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Les investigations ont pris une nouvelle tournure après l’exploitation du téléphone portable du principal accusé. Les enquêteurs y ont découvert des courriels mettant en évidence de graves irrégularités dans l’attribution de marchés publics, obtenus avec la complicité de membres de commissions d’ouverture des plis, notamment pour des projets immobiliers dans les communes de Bologhine et Ouled Fayet.
Un réseau étendu de corruption
Les enquêteurs ont également mis au jour des contrats de sous-traitance signés en violation de la législation en vigueur, ainsi que des registres commerciaux appartenant à d’autres entrepreneurs, retrouvés en possession du principal accusé.
Plus accablant encore, des enregistrements de conversations téléphoniques ont révélé des échanges entre “M. Abdelnour” et plusieurs responsables, dont le président de la commission d’ouverture des plis, “T. Mohamed”, au cours desquels des informations confidentielles relatives à des offres concurrentes étaient divulguées.
Au terme de l’enquête, les autorités ont mis en évidence l’existence d’un réseau étendu gravitant autour de l’entrepreneur, impliquant des cadres de la Résidence d’État, le chauffeur de l’ancien secrétaire général de la Présidence de la République, ainsi que plusieurs responsables et opérateurs économiques.
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