Scandale Imetal : voici les lourdes charges retenues contre l’ex-ministre Ali Aoun

Scandale Imetal : voici les lourdes charges retenues contre l’ex-ministre Ali Aoun
L’ex-ministre de l’Industrie pharmaceutique Ali Aoun

L’ex-ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, Ali Aoun, a comparu, aux côtés d’autres prévenus, devant le tribunal du pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed lundi le 2 février dans l’affaire connue sous le nom de « corruption d’Imetal ». Sont également poursuivis dans ce dossier son fils M. Aoun, l’homme d’affaires « Nounou Manita », originaire de la wilaya d’Oran, ainsi que le directeur général de l’entreprise Fondal, S. Nourredine, le PDG du complexe Sider El Hadjar, B. Karim, et d’autres accusés.

Selon le média « Echourouk Online », les salles d’audience ont connu une forte affluence, réunissant les prévenus, leurs familles, les avocats et de nombreux médias. Vers 9h30, les sept détenus ont été introduits dans la salle, tandis que l’ancien ministre Ali Aoun a été aperçu assis sur les bancs du fond aux côtés des autres accusés poursuivis dans cette affaire, des signes d’inquiétude visibles sur leurs visages.

Le président du pôle a immédiatement déclaré l’ouverture de l’audience, avant de procéder à l’appel des accusés, des témoins et de l’ensemble des parties concernées, afin de permettre aux avocats de constituer leur défense. Avant que le juge ne statue sur le report du procès, la défense a présenté ses requêtes. Il a finalement été décidé de renvoyer l’affaire au 16 février, en tant que première audience après l’inscription officielle du dossier au rôle.

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Lourdes charges retenues contre l’ex-ministre Aoun

Les accusés comparaîtront ainsi dans un délai de quinze jours devant la juridiction du pôle pour répondre de graves faits de corruption, liés notamment à la conclusion de marchés suspects impliquant le groupe public des industries métallurgiques, sidérurgiques et de l’acier Imetal. Les charges portent, entre autres, sur la spéculation, la manipulation de marchés de vente et d’achat de déchets ferreux et de résidus de cuivre. De lourdes accusations ont été retenues contre l’ensemble des mis en cause, conformément à la loi n°01-06 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, notamment l’octroi illégal de marchés, l’obtention d’avantages indus, la dilapidation de deniers publics, l’abus d’influence et de fonction, ainsi que le blanchiment d’argent et la complicité.

Selon la même source, l’ancien ministre Ali Aoun est poursuivi pour blanchiment d’argent et de produits criminels dans le cadre d’une organisation criminelle, en utilisant les facilités liées à son activité professionnelle, dilapidation de fonds publics, sollicitation et acceptation d’avantages indus, et abus de fonction, faits réprimés par les articles 389 bis et 389 bis 2 du Code pénal, ainsi que par les articles 25 alinéa 2, 29, 32 alinéa 2 et 33 de la loi relative à la prévention et à la lutte contre la corruption.

L’homme d’affaires A. Abdelnour, dit « Nounou Manita », actuellement en détention, est poursuivi pour complicité dans la dilapidation de fonds publics, corruption de fonctionnaires publics par promesse et offre d’avantages indus, abus d’influence par incitation de fonctionnaires à exploiter leur position afin d’obtenir des avantages injustifiés, ainsi que pour avoir bénéficié d’avantages indus lors de la conclusion de contrats avec l’État ou ses établissements, en violation des dispositions légales et réglementaires.

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Implication des principaux acteurs

De son côté, M. Aoun, fils de l’ancien ministre, est poursuivi pour abus d’influence, sollicitation d’avantages indus à son profit et au profit de fonctionnaires publics, corruption de fonctionnaires publics et participation à la dilapidation de fonds publics.

Quant à Charaf-Eddine Amara, ex-PDG du groupe Madar et président de la Fédération algérienne de football, placé sous contrôle judiciaire, il est poursuivi pour abus d’influence, corruption de fonctionnaires publics et dilapidation de fonds publics.

Sont également poursuivis Ch. A., directeur général chez un concessionnaire automobile d’une marque chinoise, et son partenaire A. A., tous deux placés sous contrôle judiciaire, pour abus d’influence, corruption de fonctionnaires publics et dilapidation de fonds publics.

Concernant le directeur général de Fondal, S. Nourredine, et le PDG de Sider El Hadjar, B. Karim, placés en détention provisoire, ils sont poursuivis pour dilapidation de fonds publics, abus volontaire de fonction en violation des lois et règlements, acceptation d’avantages indus, conclusion de contrats illégaux, abus d’influence et perception illégale d’avantages liés à des contrats qu’ils supervisaient.

Enquête judiciaire et conclusions

Il est à rappeler que le juge d’instruction de la troisième chambre du pôle pénal économique et financier, en coordination avec l’actuel procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed, avait ordonné en juillet 2024 l’ouverture d’une instruction complémentaire approfondie, après l’apparition de nouveaux indices impliquant plusieurs responsables.

Par ailleurs, la chambre d’accusation près la cour d’Alger a rendu, le 19 novembre 2024, une décision rejetant la remise en liberté du fils de l’ancien ministre, de l’homme d’affaires « Nounou Manita », ainsi que des dirigeants de Fondal et de Sider El Hadjar, confirmant leur placement en détention provisoire et le contrôle judiciaire imposé à d’autres accusés.

Enfin, les enquêtes menées par les services de sécurité ont révélé l’existence de transactions suspectes conclues par certaines filiales d’Imetal avec l’homme d’affaires « Nounou Manita ». Ce dernier s’était notamment déplacé en Mauritanie sans aucune qualité légale, en compagnie de hauts responsables d’entreprises publiques, pour assister aux travaux de l’Union arabe de la métallurgie et de l’acier, où des contrats auraient été conclus, faits mis en évidence par les investigations approfondies menées par les autorités judiciaires compétentes.

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