Scandale des conteneurs suspects : lourdes peines contre les accusés

Scandale des conteneurs suspects : lourdes peines contre les accusés
Conteneurs au port d’Alger

Le tribunal du pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed a rendu, mardi, ses verdicts dans l’affaire de « l’importation de conteneurs suspects contenant des marchandises faisant la promotion de la corruption morale et religieuse ». Douze personnes étaient poursuivies dans ce dossier, dont dix placées en détention provisoire, ainsi que cinq sociétés. Les peines prononcées vont de 18 mois à 5 ans de prison ferme à l’encontre des accusés.

Selon le média « Echourouk », dans les détails du jugement prononcé par la présidente de la deuxième section du pôle économique et financier, et rendu en présence des prévenus détenus, le tribunal a condamné des cadres de l’Inspection de la prévention et de la répression des fraudes relevant de la direction du Commerce à deux ans de prison ferme assortis d’une amende de 200 000 dinars.

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Le principal accusé, identifié par les initiales « A.F. », a écopé de cinq ans de prison ferme. Par ailleurs, le tribunal a prononcé des peines allant de 18 mois à deux ans de prison ferme, accompagnées d’amendes comprises entre 200 000 et 500 000 dinars, à l’encontre des autres importateurs impliqués dans l’affaire. En revanche, l’accusée « B. Amel » a été acquittée de l’ensemble des charges retenues contre elle.

Concernant les personnes morales, la juge a condamné les cinq entreprises poursuivies dans cette affaire à une amende de 4 millions de dinars chacune. Les accusés reconnus coupables ont également été condamnés à verser des indemnités au Trésor public, dont les montants varient entre 200 000 et 500 000 dinars.

Enquête et révélations

L’affaire remonte au 4 mai 2025, lorsqu’un procès-verbal de la Direction générale de la sécurité intérieure a signalé au ministère du Commerce la commercialisation d’une montre électronique pour enfants comportant des symboles jugés contraires aux valeurs religieuses et morales. Le produit aurait été importé par l’entreprise « Big Strom », basée à Oran. Une enquête a alors été ouverte afin de vérifier ces informations, saisir les produits concernés et contraindre l’opérateur à les retirer du marché.

Les investigations ont révélé que la société mentionnée n’existait pas physiquement et qu’elle n’était pas enregistrée sur la plateforme numérique « Sidjilcom ». Son gérant présumé a affirmé qu’il ne réalisait aucune activité d’importation et qu’il se contentait de signer des documents administratifs contre rémunération, permettant à un tiers d’utiliser son registre commercial. L’enquête a également conduit à la découverte de 18 conteneurs au port d’Oran. Les contrôles ont mis en évidence plusieurs irrégularités, notamment l’absence d’étiquetage sur certaines marchandises, la présence d’emballages vides et l’importation de produits non autorisés, dont du silicone industriel sans licence préalable. Des montres électroniques jugées contraires aux bonnes mœurs ont aussi été retrouvées.

Les représentants des entreprises impliquées ont rejeté toutes les accusations. Deux inspectrices de la répression des fraudes ont, pour leur part, affirmé avoir agi conformément à la loi.

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