Le juge d’instruction de la troisième chambre du pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed a entendu, jeudi passé le 16 avril, l’ancien président de la Fédération Algérienne de Football (FAF), Charaf-Eddine Amara, dans le cadre d’une affaire de corruption liée à la gestion de l’instance fédérale. Il est poursuivi aux côtés de Kheireddine Zetchi, actuellement en détention, de Djahid Zefizef, ainsi que de plusieurs anciens membres du bureau fédéral, eux aussi placés en détention provisoire. Le dossier devrait être prochainement renvoyé devant la justice algérienne.
Selon des informations rapportées par le média « Echourouk », le juge d’instruction a bouclé, le même jour, l’audition de l’ensemble des mis en cause, dont le nombre dépasse quinze. Parmi eux figurent les anciens présidents de la FAF, Kheireddine Zetchi et Djahid Zefizef, ainsi que plusieurs anciens responsables, actuellement incarcérés. Sont également concernés les ex-secrétaires généraux de la FAF, identifiés comme « Mohamed S. » et « Mounir D. », en plus de l’ancien directeur de l’administration générale, « Abdelghani N. », et d’autres accusés impliqués dans ce dossier.
Ces auditions constituent la dernière étape de l’instruction, après la communication aux accusés d’une expertise complémentaire faisant suite à une première analyse. Le magistrat s’apprête désormais à finaliser l’ordonnance de renvoi afin de programmer le procès.
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Instruction judiciaire : vers un procès pour les anciens dirigeants de la FAF
Selon la même source, les poursuites engagées contre Zetchi, Zefizef, Amara et les autres accusés portent sur la conclusion de contrats en violation des procédures internes de passation des marchés, dans le but d’accorder des avantages indus à des tiers. Ces pratiques ont entraîné un détournement de fonds publics au sein de la FAF et du Trésor public. Les chefs d’inculpation, prévus par la loi 01-06 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, tels que l’abus de fonction, le détournement volontaire de fonds publics, la complicité, la passation de marchés illégaux, l’octroi d’avantages injustifiés et le blanchiment d’argent.
L’enquête a révélé que Kheireddine Zetchi a conclu et signé plusieurs contrats jugés suspects et non conformes aux dispositions légales, en vue d’accorder des privilèges indus. Les investigations menées par la brigade de lutte contre la criminalité économique et financière de la sûreté de la wilaya d’Alger, ainsi que par la justice, ont porté sur diverses dépenses, notamment celles liées à l’organisation du Championnat d’Afrique des nations (CHAN-2023) et de la Coupe d’Afrique des moins de 17 ans.
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Détournement de fonds publics et abus de fonction : les chefs d’accusation détaillés
D’autres irrégularités incluent l’octroi indu de primes et d’avantages financiers, le versement de primes de match en devises, et le gonflement de factures d’hébergement à Alger. Figurent également dans le dossier le contrat liant la FAF à l’équipementier Adidas et les importantes dépenses liées au CHAN organisé en Algérie, ajoute « Echourouk ».
Par ailleurs, il a été établi que Zetchi avait conclu un contrat, au nom de la FAF, avec une agence de voyages tunisienne également impliquée dans l’affaire. Cette dernière prenait en charge les frais d’hébergement, de restauration et de billetterie, sans recours à une mise en concurrence avec des agences nationales. Devant le juge, Zetchi a justifié ce choix en affirmant que cette agence était agréée par la FAF.
Zetchi, Zefizef et Amara : les rôles de chacun dans le scandale financier de la FAF
En revanche, les investigations ont montré que Djahid Zefizef et son prédécesseur Charaf-Eddine Amara n’avaient pas signé de contrats. Ils sont toutefois poursuivis pour ne pas avoir résilié les contrats litigieux conclus par leur prédécesseur, ni signalé ces irrégularités, alors même que ces accords continuaient de produire leurs effets malgré leur caractère illégal.
Enfin, il est à rappeler que la chambre d’accusation près la cour d’Alger avait confirmé, le 23 novembre 2023, la décision du juge d’instruction de placer Djahid Zefizef sous contrôle judiciaire, avec retrait de son passeport et interdiction de quitter le territoire national, tandis que Charaf-Eddine Amara a été maintenu en liberté.
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