La Cour d’Alger a entamé le procès de 19 accusés impliqués dans une affaire de corruption financière liée à la commercialisation de montres électroniques destinées aux enfants. Ces produits, importés de l’étranger, contenaient des symboles jugés contraires aux valeurs religieuses et morales de la société.
Selon le média « Ennahar », l’importation de ces montres a été facilitée grâce à des passe-droits au niveau du port d’Oran. L’affaire a entraîné des poursuites judiciaires visant plusieurs cadres en poste. Il s’agit notamment d’une inspectrice principale de la répression des fraudes à la direction du commerce de la wilaya d’Oran, ainsi qu’une enquêtrice principale du même service.
Cinq entreprises spécialisées dans l’import-export sont également poursuivies. A leur tête la société à responsabilité limitée unipersonnelle EURL Big Storm, importatrice du produit incriminé. Son gérant et son associé, titulaire du registre du commerce ayant servi aux opérations d’importation, figurent parmi les principaux accusés.
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Accusaions et sanctions
Lors de l’audience, les prévenus ont été confrontés à plusieurs chefs d’inculpation. Il s’agit notamment blanchiment d’argent et de produits criminels dans le cadre d’une organisation criminelle, abus de fonction, ainsi que dilapidation volontaire de deniers publics.
Les cinq sociétés sont, quant à elles, poursuivies pour augmentation injustifiée de marchandises déclarées et pour défaut de présentation des autorisations requises avant importation, des infractions prévues et sanctionnées par l’article 325 du code des douanes.
Dans cette affaire, l’inspection frontalière de répression des fraudes du port d’Oran, la recette des douanes, ainsi que l’agent judiciaire du Trésor public relevant de la direction du commerce d’Oran, se sont constitués parties civiles.
La comparution des accusés devant la cour intervient après l’appel des jugements rendus par le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed. En première instance, les prévenus avaient été condamnés à des peines allant jusqu’à deux ans de prison ferme et à une amende de 500 000 dinars pour dilapidation de deniers publics, complicité, abus de fonction et trafic d’influence.
Les entreprises impliquées ont été condamnées à une amende de 4 millions de dinars chacune. Une autre société a en outre été contrainte de verser plus de 16 millions de dinars de dommages et intérêts à l’administration des douanes. Cette dernier a également fait l’objet de confiscation des marchandises frauduleuses.
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Contexte et implications de l’affaire
Les faits remontent à un rapport établi le 4 mai 2025 par les services d’enquête relevant de la Direction générale de la sécurité intérieure. Le ministère du Commerce intérieur et de la régulation du marché national avait alors reçu des informations crédibles sur la commercialisation de ces montres controversées, importées par l’EURL Big Storm, basée à Oran.
Dans le cadre de l’enquête, des inspecteurs se sont rendus au siège déclaré de l’entreprise sans en trouver trace sur le terrain ni sur la plateforme du registre du commerce. Ils ont toutefois identifié l’existence de l’EURL Big Storm à Arzew (Oran), sans y découvrir de stock de marchandises.
Entendu par les enquêteurs, le gérant de la société a déclaré ne pas exercer réellement d’activité d’importation. Il a affirmé que son rôle se limitait à signer des documents administratifs contre rémunération, tandis qu’un tiers exploitait son registre de commerce pour mener les opérations.
Les investigations ont révélé que la société avait effectué quatre opérations d’importation en 2025. La dernière étant autorisée en mars. Les documents présentés faisaient état d’une conformité apparente des produits aux réglementations en vigueur, sans mention spécifique des marchandises incriminées.
À l’issue de l’enquête, un procès-verbal a été dressé pour les infractions constatées. Ensuite, le dossier a été transmis transmission du dossier au procureur de la République près le tribunal de Gdyel (Oran). Et enfin au pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed à Alger, après dessaisissement.
L’affaire se poursuit désormais en appel. Son contexte est marqué par la volonté des autorités de renforcer la lutte contre la corruption et les pratiques frauduleuses dans les opérations d’importation.
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