Scandale au consulat d’Espagne à Alger : nouveau rebondissement dans l’affaire du trafic de visas

Scandale au consulat d’Espagne à Alger : nouveau rebondissement dans l’affaire du trafic de visas
Quelques semaines après l’arrestation de Vicente Moreno pour un présumé trafic de visas, une nouvelle décision des autorités espagnoles relance le dossier.

Nouveau rebondissement dans l’affaire du consulat d’Espagne à Alger. Soupçonné d’avoir orchestré un trafic de visas et blanchi les gains dans l’automobile, le diplomate Vicente Moreno est rapatrié au siège de Madrid par le ministre Albares. Une décision qui intervient quelques semaines seulement après son arrestation par la juge María Tardón pour « organisation criminelle ».

Pour rappel, la juge María Tardón le soupçonne d’avoir profité de ses fonctions pour vendre des visas illégaux (moyennant des sommes allant jusqu’à 25 000 euros par famille), avant de blanchir les gains en Espagne via un réseau d’achat de voitures. Une réintégration administrative qui place le diplomate sous le regard direct de sa hiérarchie et de la justice.

Moreno a été arrêté en même temps qu’un complice de nationalité algérienne qui travaillait avec lui au consulat. Une troisième personne a été aussi placée sous contrôle judiciaire dans le cadre de cette affaire, mais n’a pas été arrêtée. Selon le média espagnol The Objective, l’employé local arrêté en Espagne est Mohamed B. et l’autre personne inculpée dans ce dossier est l’épouse de Moreno, également de nationalité algérienne.

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Albares mute à Madrid le numéro deux du consulat d’Alger, visé par une enquête de la Cour nationale

L’opération de police, ordonnée par la Cour  nationale avec l’appui du parquet anticorruption, baptisée Jazira-Cova, s’est déroulée dans le cadre d’une campagne de régularisation massive des migrants en Espagne. En effet, elle a mobilisé des agents de l’Unité de lutte contre la criminalité économique et fiscale (UDEF), de l’Unité centrale de lutte contre l’immigration clandestine et la falsification de documents (UCRIF) et de la Direction adjointe de la surveillance douanière (DAVA) de la Police nationale.

Les suspects sont poursuivis pour cinq chefs d’accusation : participation à une organisation criminelle, blanchiment d’argent, falsification de documents officiels, corruption et fraude aux visas.

Suite à son arrestation, la juge a imposé plusieurs mesures à l’encontre de Vicente Moreno. Il s’agit notamment de la confiscation de son passeport, d’une interdiction de quitter le territoire et de l’obligation de se présenter deux fois par semaine au commissariat.

Les agents de l’UDEF ont mené deux perquisitions à Sagunto (Valence) et Torrevieja (Alicante), profitant du fait que Moreno et ses deux complices se trouvaient alors en Espagne. Au total, 10 890 euros en espèces, quatre téléphones portables, deux ordinateurs portables et 17 clés USB ont été saisis. L’Audience nationale a également ordonné le gel d’un bien immobilier à Madrid et de plusieurs avoirs financiers, ainsi que la conservation des dossiers administratifs et des courriels du ministère des Affaires étrangères relatifs à l’octroi de ces visas « frauduleux ».

Moreno impliqué dans une autre controverse

Face à cette situation, le ministre espagnol des Affaires étrangères a demandé sa réintégration au sein des services centraux du ministère. Ce dernier a décidé de le placer à la direction générale adjointe des biens immobiliers, l’un des secteurs les moins attractifs pour les fonctionnaires du département d’Albares.

Depuis près d’un an, le ministère des Affaires étrangères enquête sur le consulat général d’Espagne à Alger suite à des soupçons d’irrégularités dans l’authentification de documents. En mars dernier, The Objective a eu accès à des courriels internes révélant un traitement de faveur flagrant : le chancelier y avait validé un acte officiel du consul mi-2022, avant de refuser cette même procédure à d’autres agents de la mission diplomatique.

Ce n’est pas la première fois que Vicente Moreno fait parler de lui. En novembre dernier, la même source révélait déjà que le ministère d’Albares enquêtait sur lui pour des refus de visas suspects. Le litige ? Des demandes avaient été rejetées au nom de l’ancienne consule, Miriam de Andrés, alors que celle-ci avait déjà cédé son poste au nouveau chef de mission, Gauden Villas.

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