La justice espagnole a ordonné vendredi l’arrestation du vice-consul espagnol à Alger, Vicente Moreno, et d’un autre responsable de nationalité algérienne, pour être à la tête d’une « structure criminelle » qui opérait au sein du consulat en facilitant l’obtention de visas Schengen.
Selon The Objective, cette « structure criminelle » facilitait l’obtention de visas Schengen moyennant des sommes financières. Vicente Moreno, en poste depuis seulement quelques semaines, est également accusé de blanchir une partie de ses gains par le biais d’une opération d’achat de véhicules.
L’opération policière, baptisée Jazira-Cova, a été ordonnée par la Cour nationale espagnole avec l’appui du parquet anticorruption. Elle intervient dans un contexte de régularisation massive de migrants sans-papiers sur le territoire espagnol.
La justice espagnole arrête le numéro 2 du consulat d’Espagne à Alger pour trafic de visas
Les deux accusés, à la tête de ce réseau qui vendait des visas illégalement, se trouvaient encore dans les locaux de la police espagnole, dans l’attente d’être entendus par le juge dans les prochaines heures.
Par ailleurs, selon des sources policières citées par le même journal, une autre personne relevant du consulat espagnol à Alger fait l’objet d’une enquête dans le cadre de cette opération, mais elle n’a pas été arrêtée.
Les forces de l’ordre ont mené deux perquisitions à Sagunto (Valence) et Torrevieja (Alicante). En effet, les enquêteurs ont mis la main sur 10 890 euros en espèces, quatre téléphones portables, deux ordinateurs portables et 17 clés USB. Les autorités espagnoles ont également demandé le gel d’un bien immobilier à Madrid et de plusieurs autres avoirs financiers.
Il a également été ordonné la saisie de l’ensemble des documents, des dossiers administratifs et des courriels professionnels relatifs à la délivrance « frauduleuse » de ces visas.
Lettres de protestations pour « sabotage » des relations
Moreno a été impliqué dans une autre affaire controversée en novembre dernier. Le ministère espagnol des Affaires étrangères enquêtait sur lui pour de possibles refus irréguliers de visas, après avoir découvert que des demandes avaient été refusées au nom de l’ancienne consule Miriam De Andrés, alors qu’elle avait déjà été déchue de ses fonctions.
Pour rappel, plusieurs chefs d’entreprises espagnols avaient adressé des lettres de protestation à Madrid, accusant la représentation diplomatique de « saboter les relations » entre les deux pays en refusant l’octroi de visas de travail aux Algériens.
Plus à l’ouest, le consulat espagnol d’Oran était également au cœur d’une polémique après le limogeage, par le ministère des Affaires étrangères, de son responsable de visas suite à une affaire de refus massifs des demandes formulées par les Algériens.
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