Scandale ALRIM : le verdict tombe, prison ferme et confiscation des biens

Le dossier de corruption qui ébranlait l’Algérienne de réalisation d’équipements et ouvrages métalliques, connue sous le sigle ALRIM, vient de connaître son épilogue judiciaire. Le tribunal de Rouiba, qui relève de la cour d’Alger, a prononcé une peine de trois ans d’emprisonnement ferme contre l’ensemble des prévenus. À cette sanction s’ajoutent des amendes dont les montants varient selon les mis en cause, ainsi que la confiscation totale des biens placés sous main de justice.
Au premier rang des condamnés figure le président-directeur général de cette société publique, identifié par les initiales « T. M ». Trois autres personnes partagent son sort : les opérateurs économiques « A. A » et « L. H », auxquels s’ajoute un quatrième mis en cause désigné par « S. A ». Aucun n’échappe à la peine ferme.
Mandats d’arrêts internationaux maintenus
Les accusés qui se sont soustraits à la justice n’ont pas été épargnés. Le magistrat les a reconnus coupables et leur a infligé la même peine de trois années derrière les barreaux. Les mandats d’arrêt internationaux délivrés à leur encontre par le juge d’instruction du tribunal de Rouiba demeurent pleinement en vigueur.
Cette méthode n’est pas inédite dans les grands dossiers économiques algériens. Une décision similaire avait été prise lorsque l’ancien ministre Abdelhamid Temmar a écopé de quinze ans de réclusion par contumace, la juridiction ayant alors maintenu l’ordre de recherche international lancé contre lui.
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Une filiale d’Imetal au cœur du scandale ALRIM
ALRIM n’est pas une entreprise isolée. Cette société par actions constitue l’une des composantes du groupe public des industries métallurgiques, sidérurgiques et métalliques, plus connu sous l’appellation Imetal. Son domaine d’activité couvre les constructions métalliques et l’ensemble des prestations qui s’y rattachent.
La maison mère traîne elle-même un lourd passif judiciaire. Le printemps dernier, des peines allant jusqu’à six ans de prison ferme ont été confirmées dans le dossier Imetal par la cour d’Alger, qui avait validé les jugements du pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed. Plusieurs filiales du groupe s’étaient retrouvées mêlées à ces poursuites.
Des contrats de sous-traitance à l’origine de la plainte
Tout est parti d’une initiative de l’entreprise publique elle-même. ALRIM avait déposé une plainte assortie d’une constitution de partie civile, visant le gérant d’une société privée du bâtiment, « A. A », et sa structure, EHA Construction. Cet opérateur national intervient dans les travaux de bâtiment, le montage, le démontage, l’approvisionnement en matériaux et la maintenance.
Pour mener à bien ses programmes commerciaux, la société publique avait multiplié les conventions de sous-traitance avec cette entreprise privée. Les accords portaient sur des prestations variées : assemblage d’ouvrages, opérations de démolition, travaux de construction ou encore fourniture d’équipements, au bénéfice d’ALRIM comme de ses propres clients.
Marchés truqués et surfacturation : les griefs retenus
Quand la nouvelle direction a passé au crible les engagements pris par ses prédécesseurs, elle a mis la main sur des conventions volontairement soustraites à la connaissance du personnel. Cette opacité visait, selon l’accusation, à protéger un dispositif de détournement dissimulé sous des apparences régulières. Les investigations avaient révélé des contrats fictifs et une surfacturation dépassant le milliard de centimes.
Les qualifications retenues contre les prévenus étaient particulièrement larges. Dilapidation volontaire de deniers publics, attribution d’avantages injustifiés dans la passation de marchés, abus de fonction, faux en écritures commerciales et trafic d’influence figuraient au dossier. L’audience devant le tribunal de Rouiba avait été programmée pour le 25 août.
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