Scandale à Sétif : des élèves privés de cours depuis trois semaines, le ministère intervient

Scandale à Sétif : des élèves privés de cours depuis trois semaines, le ministère intervient
CEM Mohamed Salah Belabbas de Sétif

Rien ne va plus au CEM Mohamed Salah Belabbas. Depuis trois semaines, cet établissement de la capitale des Hauts-Plateaux est totalement paralysé par un débrayage massif du corps enseignant. Au cœur du conflit : un bras de fer frontal entre les professeurs et la directrice, laissant des centaines d’élèves sur le carreau.

Le mouvement de contestation, porté par 51 enseignants, ne semble pas faiblir. Dans un communiqué rendu public, les grévistes justifient leur action par ce qu’ils qualifient de « pratiques non professionnelles ». Ils dénoncent avec virulence des abus de pouvoir répétés, des intimidations et un climat de travail délétère imposé par la chef d’établissement.

Face à la paralysie qui frappe ce CEM, le ministère de l’Éducation nationale a décidé de passer à l’offensive. Sur ordre direct de l’Inspecteur général du ministère, une commission d’enquête de haut niveau a été dépêchée sur les lieux ce jeudi. Sa mission : identifier avec précision les responsabilités dans ce conflit qui prive des centaines d’élèves de leur scolarité.

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Jusqu’à présent, toutes les tentatives de médiation entreprises par la Direction de l’Éducation de la wilaya de Sétif ont échoué. Malgré les appels à placer l’intérêt des élèves au-dessus des différends personnels, le bras de fer entre les enseignants et la directrice de l’établissement persiste.

Crise à CEM Mohamed Salah Belabbas de Sétif : Le ministère dépêche une commission d’enquête

Plus frappant encore, les contestataires auraient décliné une proposition de rencontre avec le Wali de Sétif, qui s’était pourtant dit prêt à recevoir leurs représentants pour entendre leurs revendications exigeant le départ de la responsable de l’établissement.

Le Directeur de l’Éducation de la wilaya de Sétif, Rachid Benmessaoud, a tenu à clarifier la position de l’administration face à un conflit qui s’enlise et menace l’avenir de centaines d’élèves.

Malgré le caractère jugé « illégal » du mouvement de protestation, la Direction de l’Éducation a tenté de privilégier le dialogue. Benmessaoud a révélé avoir rencontré les enseignants pour solliciter une reprise immédiate des cours, le temps que la commission paritaire mène ses investigations.

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« Nous avons demandé aux enseignants, de manière cordiale, de reprendre le travail, mais ils ont fait preuve d’obstination, refusant de regagner les classes tant que la directrice est en poste », a déploré le responsable.

Ce dernier a rappelé avec fermeté qu’« il n’appartient pas à l’enseignant d’exiger le limogeage d’un chef d’établissement », une prérogative qui relève exclusivement de la tutelle.

Sur le terrain, la situation est devenue insupportable pour les familles. L’inquiétude a laissé place à la détresse. De nombreux parents d’élèves ont témoigné de leur obligation de délaisser leurs postes de travail pour surveiller leurs enfants.

« Nous craignons pour leur sécurité. Ils passent leurs journées livrés à eux-mêmes dans la rue, aux abords de l’école sous la pluie ou dans les stades de proximité », s’alarme un parent d’élève.

Pour beaucoup, le spectre d’une année blanche ou d’une chute brutale du niveau scolaire devient une réalité quotidienne de plus en plus pesante.

Le Directeur de l’Éducation de la wilaya de Sétif, s’est montré ferme : des décisions « rigoureuses » seront prises dès la remise du rapport de la commission ministérielle.

Benmessaoud a souligné que les sanctions viseront toute personne impliquée dans cette situation ayant porté préjudice au parcours pédagogique et au bien-être psychologique des élèves. Il n’a pas exclu la possibilité de sanctions disciplinaires à l’encontre des 51 enseignants de l’établissement, tout en évoquant la suspension immédiate de la directrice si sa responsabilité dans ce chaos venait à être établie.