Le juge du pôle pénal spécialisé de Constantine a condamné, en début de semaine, six personnes à cinq ans de prison ferme, parmi lesquelles figurent quatre accusés exerçant comme agents de police et des douanes à l’aéroport Rabah Bitat d’Annaba.
Selon le média « El-Khabar », Les mis en cause, des policiers et des douaniers ayant exercé auparavant à l’aéroport d’Annaba, ont été poursuivis pour de lourdes accusations liées au trafic d’une quantité importante d’argent, à l’abus de fonction, à la perception d’avantages indus, ainsi qu’au délit de blanchiment d’argent.
Les faits de cette affaire, dont l’instruction judiciaire a duré plus de huit mois, remontent à l’année dernière, lorsque le juge d’instruction de la première chambre près le tribunal d’El-Hadjar avait ordonné la mise en détention provisoire de sept personnes suspectées d’implication dans une affaire de contrebande de quantités importantes d’argent, introduites par un passager en provenance de France via l’aéroport d’Annaba.
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Les premières investigations, menées lors de l’interpellation du principal suspect à bord d’un véhicule de tourisme en compagnie d’un agent de police exerçant à l’aéroport d’Annaba, à un barrage de sécurité de la Gendarmerie nationale à l’entrée est de la commune d’El-Hadjar en direction de la commune de Chebaita Mokhtar, relevant de la wilaya d’El-Tarf, ont permis la découverte, lors de la fouille du véhicule, de quantités considérables d’argent et de bijoux de fantaisie dissimulées dans le coffre arrière.
Résultats des investigations et inculpations
Ces éléments ont conduit à l’arrestation immédiate du conducteur et de l’agent de police qui l’accompagnait, lesquels ont été transférés vers les services de la police judiciaire de la sûreté d’Annaba afin de poursuivre l’enquête et de déterminer l’origine de ces importantes quantités d’argent retrouvées dans le véhicule, ainsi que la nature des liens entre l’agent de police suspecté et le propriétaire de la marchandise saisie.
Au cours des auditions, la police judiciaire est parvenue à élucider les circonstances de l’affaire et à identifier les parties impliquées, sur la base des aveux initiaux du propriétaire du véhicule. Ce dernier a déclaré que la marchandise saisie, dont le poids dépasse 80 kilogrammes d’argent, avait été introduite clandestinement depuis l’aéroport Rabah Bitat, en provenance de l’aéroport de Marseille (France). Tout ça s’est passé avec la complicité et l’aide d’agents des douanes et de policiers exerçant à l’aéroport, dont l’agent arrêté au barrage de sécurité.
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Les différentes phases de l’enquête et les confrontations entre les protagonistes ont révélé l’implication de quatre agents relevant des services des douanes et de la police, parmi lesquels des officiers et des agents, en plus du contrebandier et du propriétaire de la marchandise. Tous ont abusé de leurs fonctions pour planifier, préparer et exécuter l’opération de contrebande, permettant la sortie de la marchandise de l’aéroport sans qu’elle ne soit soumise aux contrôles habituels, alors même que le propriétaire des bagages contenant l’argent ne se trouvait pas à bord du vol en provenance de Marseille.
Conséquences et conclusion de l’affaire
Il a été établi qu’un accord préalable avait été conclu entre les agents des douanes, les policiers et le propriétaire de la marchandise pour la faire sortir sans inspection, tout en procédant formellement aux opérations de contrôle douanier et sécuritaire en l’absence de son propriétaire, avant de la remettre au conducteur du véhicule qui attendait à l’extérieur du hall de l’aéroport.
Les investigations électroniques et téléphoniques menées sur l’ensemble des suspects ont confirmé l’existence de relations étroites entre eux, attestées par le nombre important d’appels téléphoniques et de messages électroniques utilisés pour coordonner l’opération de contrebande, ainsi que les modalités d’octroi d’avantages indus, d’abus de fonction et de participation au trafic.
Lors des interrogatoires judiciaires et de l’audit administratif et sécuritaire effectué au niveau de l’aéroport, il est apparu que le propriétaire de la marchandise saisie n’a fourni aucune preuve attestant de sa sortie par des voies légales. Par ailleurs, l’examen des enregistrements des caméras de surveillance a révélé que la marchandise avait été passée au scanner sans être inspectée ni déclarée.
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L’analyse des téléphones portables a également permis de découvrir des échanges antérieurs entre le propriétaire de la marchandise et les accusés. Ce qui a renforcé les présomptions d’actes criminels. Enfin, les différentes étapes de l’enquête et les confrontations directes entre les mis en cause ont démontré que des instructions verbales avaient été données afin de ne pas inspecter les bagages contenant l’argent, classé parmi les métaux précieux.
