Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudène, a réaffirmé l’engagement de l’Algérie dans la lutte contre le cancer, considéré comme l’un des défis majeurs du système de santé publique. Cette déclaration a été faite à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le cancer, célébrée chaque année le 4 février.
Dans un discours lu en son nom par le directeur de la prévention et de la promotion de la santé au ministère, Jamal Fourar, le ministre a souligné l’importance d’une mobilisation constante face à cette maladie.
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Une hausse progressive des cas enregistrés
Le ministre a révélé une augmentation progressive du nombre de cas recensés en Algérie. Selon les données nationales, le pays est passé de 51 096 cas en 2022 à 56 319 cas en 2023, soit une hausse notable en une seule année.
Cette évolution confirme, selon le ministère, la nécessité de renforcer les politiques de prévention, de dépistage et de prise en charge médicale.
Modernisation des structures et disponibilité des traitements
Face à cette situation, le ministère a mis en avant les efforts engagés pour améliorer le traitement du cancer. Il a évoqué la création et l’équipement de centres hospitaliers spécialisés, l’introduction de moyens techniques modernes ainsi que la garantie de la disponibilité continue des médicaments anticancéreux.
Ces mesures visent à améliorer la qualité des soins et à offrir une meilleure prise en charge aux patients à travers le territoire national.
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Des chiffres mondiaux inquiétants à l’horizon 2030
Sur le plan international, le ministre a rappelé que les estimations mondiales restent préoccupantes. Selon des données basées sur des projections internationales, environ 26,4 millions de nouveaux cas et 17,5 millions de décès liés au cancer pourraient être enregistrés d’ici 2030. Un scénario qui pousse plusieurs pays, dont l’Algérie, à renforcer leurs stratégies nationales. Le ministre a également dressé la liste des cancers les plus répandus en Algérie. Chez les femmes, les cancers les plus fréquents sont :
- le cancer du sein
- le cancer colorectal
- le cancer de la thyroïde
- le cancer de l’ovaire
- le cancer de l’estomac
Alors que chez les hommes, les cancers les plus enregistrés sont :
- le cancer de la prostate
- le cancer du poumon
- le cancer colorectal
- le cancer de la vessie
- le cancer de l’estomac
Plus de 60 % des recherches médicales consacrées au cancer
De son côté, le professeur Adda Bounedjar, président de la Commission nationale de prévention et de lutte contre le cancer, a affirmé que plus de 60 % des recherches scientifiques menées dans le secteur de la santé concernent les cancers.
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Il a insisté sur le fait que le défi principal ne consiste pas uniquement à réduire le nombre de nouveaux cas, ce qui reste difficile, mais surtout à diminuer le nombre de décès.
Vaccination et prise en charge des cancers infantiles
Le professeur Bounedjar a aussi mis l’accent sur la prévention du cancer du col de l’utérus, qui reste possible grâce à la vaccination. L’Algérie prévoit d’introduire ce vaccin au cours de l’année 2026.
Concernant les cancers infantiles, il a rappelé que les chances de guérison chez les enfants sont plus élevées que chez les adultes, ce qui rend le dépistage précoce et la prise en charge rapide essentiels.
L’OMS salue les progrès de l’Algérie
Enfin, le représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Algérie, Fanuel Habimana, a salué les progrès réalisés ces dernières années, notamment dans les programmes de vaccination et le développement de la radiothérapie et de l’oncologie.
Selon lui, l’Algérie possède les moyens nécessaires pour devenir un modèle régional dans la lutte contre le cancer, à condition de poursuivre les efforts en matière de prévention, de dépistage et de traitement.


