Sans-papiers en Espagne : les Algériens deviennent la 2ᵉ nationalité la plus représentée

Sans-papiers en Espagne : les Algériens deviennent la 2ᵉ nationalité la plus représentée
Le nombre de sans-papiers en Espagne atteint des niveaux historiques. Les Algériens se placent désormais en deuxième position, au moment où Madrid prépare une régularisation massive.

Une étude de la fondation Duncas, parue en janvier 2026, fait état d’une hausse significative du nombre de sans-papiers en Espagne. Les Algériens constituent désormais le deuxième groupe le plus représenté après les ressortissants en Espagne.

Ce constat intervient au moment même où le gouvernement espagnol prépare une régularisation administrative d’une ampleur historique. Au 1ᵉʳ janvier 2025, la population étrangère en situation irrégulière en Espagne est estimée à environ 840 000 personnes, soit 17,2 % des résidents hors Union européenne.

Cette évaluation, qui s’appuie sur la méthodologie utilisée par Funcas en mai 2024, confirme une progression constante et massive du nombre de sans-papiers depuis 2017. À l’époque, ce groupe ne comptait qu’un peu plus de 100 000 individus. En moins de huit ans, le poids relatif de l’immigration irrégulière a donc été multiplié par quatre.

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Les Algériens, 2ᵉ nationalité parmi les sans-papiers en Espagne en 2025

Les statistiques de 2025 révèlent une forte prévalence de l’irrégularité chez certaines communautés africaines en Espagne. Les ressortissants algériens occupent la deuxième place de ce classement avec près de 18 000 personnes dépourvues de titre de séjour, soit environ 20 % de leur population totale sur le territoire.

Bien que les Marocains soient beaucoup plus nombreux (968 999 individus), leur effectif en situation irrégulière est proportionnellement plus bas (20 693 personnes). Le Sénégal et le Mali complètent ce panorama avec des effectifs moindres, confirmant que la problématique administrative se concentre principalement sur l’axe Maghreb-Espagne.

Un plan de régularisation massive de 500 000 sans papiers en Espagne

Le gouvernement espagnol de gauche a acté, par décret-loi, la régularisation exceptionnelle de 500 000 migrants sans-papiers. Ce choix stratégique du décret permet à l’exécutif de contourner l’opposition parlementaire de la droite et de l’extrême droite, tout en accélérant une procédure qui était jusque-là bloquée au Congrès.

Cette mesure vise à mettre fin à ce que les dirigeants qualifient d' »esclavage du XXIᵉ siècle » en sortant les travailleurs immigrés de l’exploitation et de l’informel. Cette décision s’inscrit dans une longue tradition espagnole de régularisations extraordinaires pratiquées depuis 1985, bien que l’ampleur actuelle contraste avec les politiques migratoires plus restrictives adoptées par le reste de l’Europe.

Pour bénéficier de ce dispositif, les candidats doivent prouver leur présence en Espagne depuis au moins cinq mois au 31 décembre 2025, ne pas avoir de casier judiciaire et fournir des preuves de résidence (recensement, factures, documents médicaux). Les demandes pourront être déposées jusqu’au 30 juin 2026, entraînant l’arrêt immédiat de toute procédure d’expulsion et l’octroi d’un permis de séjour provisoire d’un an avant l’accès à un titre ordinaire.

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