Salaire minimum : la hausse du à 24 000 DA officiellement entrée en vigueur

Salaire minimum : la hausse du à 24 000 DA officiellement entrée en vigueur
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Le décret présidentiel n° 26-01, fixant la revalorisation du salaire national minimum garanti (SNMG), a été publié au premier Journal officiel de l’année 2026. Ce texte entérine officiellement le relèvement du SNMG de 20 000 DA à 24 000 DA par mois, marquant ainsi l’entrée en vigueur de cette mesure à compter du 1er janvier 2026.

Selon le décret signé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, « le salaire national minimum garanti correspondant à une durée légale hebdomadaire de travail de 40 heures, équivalent à 173,33 heures par mois, est fixé à 24 000 DA par mois, soit un taux horaire de 138,46 DA ». Cette disposition s’applique à l’ensemble des travailleurs concernés par le SNMG, tant dans le secteur public que privé.

Le texte précise par ailleurs que « toutes dispositions contraires au présent décret sont abrogées », notamment le décret présidentiel n°21-137 du 7 avril 2021, qui avait fixé le SNMG à 20 000 DA. La nouvelle revalorisation prend donc effet sans ambiguïté à compter du début de l’année 2026.

Cette augmentation avait été décidée lors d’un Conseil des ministres tenu fin novembre 2025, présidé par le chef de l’État. Dans son communiqué, le Conseil avait souligné que cette revalorisation constituait la plus importante augmentation du SNMG depuis des décennies, la dernière hausse notable remontant à 2020, avec une augmentation de seulement 2 000 DA.

« Le Conseil des ministres a décidé d’augmenter le salaire national minimum garanti de 20 000 DA à 24 000 DA à partir de janvier 2026 », avait alors indiqué le communiqué officiel, mettant en avant la portée sociale et économique de cette mesure dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie et les attentes exprimées par les travailleurs.

Hausse du SNMG : une évolution historique du salaire

Depuis les années 1990, le SNMG a connu plusieurs révisions successives. Il était fixé à 1 000 DA en janvier 1990, avant d’être porté à 2 500 DA en 1992, puis à 4 800 DA en 1997. Il a ensuite atteint 8 000 DA en 2001, puis 12 000 DA en 2007.

À partir de 2012, le SNMG a été revalorisé à 18 000 DA, avant de passer à 20 000 DA en juin 2020, en application du décret présidentiel n°21-137. À l’époque, le taux horaire correspondant était fixé à 115,38 DA pour une durée légale de travail identique.

La hausse à 24 000 DA en 2026 représente ainsi un saut significatif, tant en valeur absolue qu’en proportion, par rapport aux augmentations précédentes.

Hausse du SNMG à 24 000 DA : qui sont les principaux bénéficiaires ?

La revalorisation du Salaire national minimum garanti (SNMG) de 20 000 à 24 000 dinars, entrée officiellement en vigueur à compter du 1er janvier 2026, devrait toucher des millions de travailleurs, aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé. Cette mesure sociale d’envergure, décidée par les pouvoirs publics, aura toutefois un impact différencié selon les catégories professionnelles.

Selon le secrétaire général de l’UGTA, Omar Takdjout, la première catégorie concernée par cette hausse est celle des salariés des complexes industriels, qu’ils soient publics ou privés.

Dans de nombreuses entreprises industrielles, une part importante des agents d’exécution perçoit encore le salaire minimum actuel, fixé à 20 000 dinars. Avec l’entrée en vigueur du nouveau SNMG, leur salaire plancher passera automatiquement à 24 000 dinars, soit une augmentation nette de 4 000 dinars.

Pour ces travailleurs, cette revalorisation représente l’évolution salariale la plus significative, puisqu’ils se situent exactement au seuil du salaire national minimum garanti.

Les “corps communs” et les ouvriers professionnels largement concernés

La deuxième grande catégorie bénéficiaire regroupe les travailleurs relevant des corps communs et les ouvriers professionnels, présents dans de nombreux secteurs stratégiques du service public, notamment :

  • la santé,

  • l’éducation nationale,

  • l’enseignement supérieur,

  • les collectivités locales,

  • le secteur de l’intérieur,

  • la formation et l’enseignement professionnels,

  • l’administration générale.

Souvent classés parmi les salaires les plus bas de la fonction publique, ces agents verront leurs rémunérations revalorisées automatiquement, la hausse du SNMG servant de référence directe dans le calcul de leurs salaires.

Une augmentation dégressive selon le niveau professionnel et l’activité

La hausse du SNMG ne sera toutefois pas uniforme pour l’ensemble des travailleurs. Comme l’explique Omar Takdjout, le principe retenu est clair : plus le grade est bas, plus l’augmentation est importante.

Les salariés rémunérés exactement au SNMG bénéficieront de la hausse maximale, soit 4 000 dinars. En revanche, dès que le salaire de base dépasse 20 000 dinars, le montant de l’augmentation diminue progressivement.

Autrement dit, la revalorisation est inversement proportionnelle au classement professionnel : les catégories supérieures verront leurs salaires augmenter, mais dans des proportions plus limitées.

La mesure ne se limite pas aux travailleurs en activité. Elle touchera également une large frange des retraités. Selon les estimations syndicales, environ 80 % des retraités algériens perçoivent actuellement une pension équivalente au SNMG, soit 20 000 dinars.

Comme lors des précédentes revalorisations, leurs pensions devraient être automatiquement ajustées pour atteindre le nouveau seuil de 24 000 dinars, ce qui constitue un soutien important au pouvoir d’achat de cette catégorie.

Le cas des cadres supérieurs encore en suspens

La situation des cadres supérieurs demeure, en revanche, moins claire. Dans de nombreux secteurs, leurs salaires sont calculés sur la base d’un coefficient multiplicateur du SNMG (par exemple six fois le SNMG).

La question centrale reste donc de savoir si ces coefficients seront recalculés sur la base du nouveau SNMG ou maintenus sur l’ancien montant. Selon Omar Takdjout, cette problématique devra être tranchée par les textes d’application attendus dans les prochains mois.

Allocation chômage : le montant porté à 18 000 DA et les conditions assouplies

Le Conseil des ministres, réuni dimanche sous la présidence du chef de l’État Abdelmadjid Tebboune, a décidé d’augmenter le montant de l’allocation chômage de 15 000 DA à 18 000 DA. Une mesure sociale majeure qui s’inscrit dans la continuité des engagements du président en faveur de la protection du pouvoir d’achat et de l’accompagnement des demandeurs d’emploi.

Selon le communiqué officiel du Conseil des ministres, cette augmentation vise à renforcer le soutien financier accordé aux bénéficiaires de l’allocation chômage, dans un contexte économique marqué par la hausse du coût de la vie. Le président de la République a également instruit le ministre du Travail de revoir la condition liée au renouvellement du dossier, jusque-là exigé tous les six mois.

Désormais, le versement de l’allocation chômage est fixé pour une durée minimale d’une année, renouvelable, ce qui constitue un assouplissement notable des procédures administratives et une source de stabilité pour les bénéficiaires. Cette décision répond à de nombreuses revendications exprimées par les jeunes demandeurs d’emploi, souvent confrontés à des contraintes bureaucratiques jugées lourdes.

Renforcement du rôle de l’ANEM et meilleure transparence

Au-delà de l’aspect financier, le président Tebboune a insisté sur la nécessité pour l’Agence nationale de l’emploi (ANEM) d’assumer pleinement ses missions. Il a ainsi demandé au ministre du Travail de veiller à ce que l’agence garantisse la transparence et la fluidité dans l’orientation des demandeurs d’emploi.

L’objectif est d’assurer une meilleure classification des personnes intégrées au marché du travail et de les distinguer clairement des chômeurs, à travers un fichier national actualisé. Cette réforme vise à lutter contre les dysfonctionnements, à améliorer la crédibilité du dispositif et à orienter efficacement les politiques publiques de l’emploi.