Saisie massive de prégabaline : 2,4 millions de capsules interceptées, dix trafiquants arrêtés

Deux millions quatre cent mille capsules de prégabaline ont été retirées de la circulation en une seule opération. Le Service central de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants et des substances psychotropes (SCLTISSP) annonce, dans un communiqué diffusé ce jeudi, avoir mis hors d’état de nuire une organisation criminelle structurée. Dix de ses membres ont été appréhendés, cinq restent en cavale.
L’affaire a été bouclée au cours de la semaine écoulée. Les suspects ont comparu devant le procureur de la République près le pôle pénal spécialisé de Sidi M’Hamed, à Alger.
Trafic de psychotropes : un convoi de prégabaline stoppé entre le Sud et le Centre du pays
Tout est parti d’investigations de terrain poussées. Les enquêteurs du service central ont fini par identifier un projet d’acheminement. Une cargaison massive de psychotropes devait quitter les wilayas du Sud pour rejoindre le nord du pays, plus précisément les régions du Centre.
Le plan n’a jamais abouti. Les policiers ont remonté la chaîne jusqu’aux exécutants, puis ont procédé aux interpellations de manière successive dans deux wilayas voisines de la capitale, Boumerdès et Tipaza. Cette zone littorale, régulièrement visée par les filières, avait déjà été le théâtre d’une opération contre un groupe criminel spécialisé dans les cambriolages à Boumerdès au début du mois d’octobre.
L’axe Sud-Nord revient avec insistance dans les dossiers traités cette année. Les trafiquants misent sur de longues distances et des points de relais multiples pour brouiller les pistes des services de sécurité.
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La logistique du réseau criminel saisie par les enquêteurs
Au-delà de la marchandise, les policiers ont mis la main sur les moyens de transport du groupe. Trois véhicules de catégories différentes et une motocyclette. Ces engins servaient, selon le communiqué de la Sûreté nationale, à mener les activités illicites de la bande.
L’opération s’est déroulée sous la supervision du parquet compétent. Cette coordination entre enquêteurs et magistrats est devenue la norme dans les affaires de grande ampleur. Notamment celles où les ramifications dépassent une seule wilaya.
Le schéma rappelle d’autres dossiers récents. En octobre, la sûreté d’Alger avait bouclé une affaire portant sur près de deux millions de capsules de prégabaline dissimulées dans des bouteilles d’oxygène médical, avec une valeur marchande globale approchant les 250 milliards de centimes.
La prégabaline, un médicament détourné qui alimente les trafics
À l’origine, cette molécule est prescrite contre certaines douleurs neuropathiques et l’épilepsie. Détournée de son usage thérapeutique, elle s’est imposée comme l’un des produits les plus recherchés par les consommateurs de substances illicites, en particulier chez les plus jeunes.
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Les volumes saisis donnent la mesure du phénomène. Quelques semaines plus tôt, une enquête ouverte dès janvier 2026 avait abouti à une saisie de psychotropes et de drogues dures évaluée à près de 1 000 milliards de centimes, déjà menée par le même service central.
Les autorités sanitaires s’inquiètent de la circulation parallèle de ces comprimés. Leur conditionnement discret et leur faible coût à l’unité facilitent la distribution dans les quartiers, loin des circuits pharmaceutiques contrôlés.
Enfin, ce jeudi, les dix personnes arrêtées ont comparu devant le procureur du pôle pénal spécialisé de Sidi M’Hamed. Cette juridiction concentre désormais les procédures liées au crime organisé et au narcotrafic transnational.
La traque se poursuit pour les cinq individus toujours recherchés. Leur identification étant établie, les services de police disposent déjà des éléments nécessaires pour compléter le démantèlement de cette structure.
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