L’Algérie et l’Allemagne franchissent une étape stratégique majeure dans le domaine de la biotechnologie et de la production pharmaceutique. Les deux pays ont procédé ce lundi 8 juin 2026 à la signature d’un accord de partenariat d’envergure visant le transfert de technologie et le partage d’expertises pour localiser, en Algérie, la production d’un médicament innovant destiné au traitement de la fibrose pulmonaire.
Selon le communiqué du ministère de l’Industrie pharmaceutique, la cérémonie de signature s’est déroulée sous la supervision directe du ministre du secteur, M. Wassim Kouidri, et de l’ambassadeur d’Allemagne en Algérie, M. Georg Felsheim. Cette alliance hautement stratégique réunit le groupe public algérien Saidal et le géant pharmaceutique allemand Boehringer Ingelheim.
Un saut technologique pour la souveraineté sanitaire
Prenant la parole lors de cet événement, le ministre Wassim Kouidri a affirmé que « cet accord s’inscrit pleinement dans le cadre des démarches de l’État visant à renforcer la souveraineté sanitaire nationale et à garantir l’accès des patients aux traitements innovants de dernière génération ».
Le premier responsable du secteur a également souligné que ce partenariat constitue « un modèle réussi de coopération algéro-allemande, fondé sur l’échange d’expertises, le transfert de savoir-faire et de technologies ». Cette relocalisation industrielle permettra non seulement d’assurer la disponibilité continue de traitements modernes de haute qualité à des prix compétitifs, mais elle ouvrira également de réelles perspectives d’exportation pour l’industrie algérienne vers les marchés régionaux.
🟢 À LIRE AUSSI : Export de médicaments : l’Algérie à un pas d’un label OMS pour conquérir de nouveaux marchés
Un espoir majeur pour les patients algériens
La fibrose pulmonaire (une maladie chronique caractérisée par une dégradation progressive et irréversible des tissus des poumons, entraînant de graves difficultés respiratoires) fait partie de ces pathologies complexes nécessitant des thérapies de pointe à forte valeur ajoutée.
Jusqu’ici tributaire des importations, la production locale de cette molécule innovante va considérablement améliorer la prise en charge médicale des malades en Algérie. Elle contribuera à freiner l’évolution de la maladie, à réduire ses complications et à alléger de manière significative la facture d’importation de l’État pour cette catégorie de produits biologiques.
Saidal accélère son déploiement : Batna s’impose comme le nouveau pôle de la souveraineté pharmaceutique
L’accord de partenariat algéro-allemand sur la fibrose pulmonaire s’intègre dans une dynamique beaucoup plus large de relocalisation industrielle menée par Saidal. À Batna, capitale des Aurès, le groupe public est engagé dans une véritable course contre la montre pour recevoir, dès septembre prochain, sa méga-unité de production de paracétamol à la zone industrielle de Kechida. Ce projet d’envergure, fruit d’un partenariat technologique algéro-iranien, illustre la volonté de l’État de briser définitivement la dépendance aux importations.
Le chantier de Kechida a basculé en mode H24 avec un système de rotation de trois brigades afin de garantir une continuité absolue des travaux. Selon le calendrier rigoureux établi, la livraison des équipements de haute technologie s’effectue en trois phases distinctes, tandis que le montage technique complexe s’étalera jusqu’à la fin de l’année 2026 sous la supervision d’une commission de suivi mixte regroupant Saidal, le bureau d’études et le constructeur Cosider.
🟢 À LIRE AUSSI : La demande explose pour les produits algériens : ces pays s’arrachent le « Made in Algeria »
Les chiffres clés du complexe de paracétamol de Kechida
D’un point de vue socio-économique, cette infrastructure de 11 000 m² va profondément transformer le paysage local :
- Investissement global : 67,5 milliards de centimes.
- Capacité de production : 2 000 tonnes de paracétamol par an.
- Impact social : Création de 150 emplois directs dans un premier temps.
Un hub régional étendu aux anticancéreux et au diabète
L’ambition industrielle de la wilaya de Batna dépasse la seule production de paracétamol. La région se structure pour devenir un hub pharmaceutique régional multisectoriel grâce à d’autres partenariats internationaux stratégiques :
- Zone industrielle d’Aïn Yagout (Partenariat Indien) : Une unité de production de médicaments anticancéreux vient d’obtenir son permis d’exploitation après plusieurs années d’attente. Ce projet mise sur un transfert de savoir-faire avec des leaders indiens du secteur.
- Fabrication de bandelettes de glycémie (Partenariat Chinois) : Une autre unité spécialisée sera adossée à ce pôle pour répondre aux besoins des patients diabétiques en collaboration avec un opérateur chinois.
À travers la mise en service simultanée de ces complexes à Batna ainsi que la production de molécules innovantes avec des partenaires allemands, les pouvoirs publics valident une transformation profonde du tissu industriel national. L’objectif à moyen terme demeure limpide : consolider l’indépendance médicamenteuse de l’Algérie tout en ouvrant la voie à l’exportation vers les marchés continentaux et régionaux.
🟢 À LIRE AUSSI : L’Algérie peut-elle devenir un exportateur d’hydrogène vert vers l’Europe Ce que prépare l’Allemagne
