Sahel, énergie, économie : les dossiers de la visite du ministre allemand en Algérie

L’Allemagne place officiellement l’Algérie parmi ses alliés les plus utiles. À la veille d’un déplacement qui doit le conduire à Tunis puis à Alger, le ministre fédéral des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a décrit le pays comme un partenaire stratégique pour Berlin, aussi bien sur le terrain énergétique que dans le domaine de la politique de sécurité. Ses propos ont été diffusés par la diplomatie allemande juste avant son départ de la capitale fédérale.
Le gaz place l’Algérie au cœur de la sécurité énergétique européenne
Dans sa déclaration, le responsable allemand insiste sur un fait devenu incontournable : l’Algérie figure parmi les principaux pourvoyeurs de gaz naturel de l’Union européenne. Une position acquise au fil d’une reconfiguration brutale des flux énergétiques du continent depuis 2022.
Cette dépendance nouvelle s’est traduite par des contrats bien réels. Le distributeur allemand VNG, longtemps arrimé aux volumes russes, a fait de Sonatrach un fournisseur de premier plan dans son portefeuille d’approvisionnement, aux côtés de la Norvège.
La dynamique s’est encore accélérée avec la signature, en marge de la visite présidentielle à Berlin, d’un accord portant sur des volumes de gaz accrus vers l’Allemagne à compter du 1er janvier 2027.
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L’hydrogène vert dessine la prochaine étape du partenariat Algérie-Allemagne
Wadephul ne s’arrête pas au présent. Selon lui, le poids de l’Algérie ira croissant dans les années à venir, en raison de ses capacités considérables en matière d’hydrogène vert. Le potentiel solaire du Sahara et la proximité géographique avec l’Europe expliquent cet intérêt appuyé.
Berlin travaille ce dossier depuis plusieurs mois déjà. Une délégation allemande conduite par un haut responsable du ministère fédéral des Affaires étrangères avait discuté à Alger, au printemps, d’un virage assumé vers les énergies propres et les technologies bas carbone.
Le ministre rappelle par ailleurs qu’un engagement conjoint a été pris en juillet dernier pour approfondir sensiblement la coopération autour de la sécurité des approvisionnements et de la transformation du secteur énergétique.
Des patrons allemands du voyage pour ouvrir de nouveaux dossiers économiques
Signe de l’importance accordée à ce déplacement, le chef de la diplomatie allemande a convié des représentants du monde des affaires à faire route avec lui. Des rencontres économiques sont prévues dans les deux capitales visitées, avec l’ambition d’ouvrir des chantiers concrets.
Cette approche prolonge les mécanismes actés à Berlin, où les deux pays avaient adopté une déclaration commune créant un conseil d’affaires bilatéral et relancé leur commission économique mixte. L’objectif affiché reste de sortir d’un simple rapport client-fournisseur.
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Berlin et Alger partagent l’objectif d’une stabilité durable au Sahel
Le volet sécuritaire occupe une place équivalente dans le discours allemand. Face aux bouleversements internationaux et à un climat d’instabilité persistant, Wadephul juge indispensable un rapprochement avec les voisins nord-africains de l’Europe.
Le Sahel constitue le point de convergence le plus évident. Le ministre affirme que son pays partage avec Alger et Tunis la volonté d’y installer une stabilité durable, dossier sur lequel l’expertise algérienne est reconnue.
« Nous allons exploiter ensemble les occasions de renforcer notre coopération. Depuis l’entrée en fonction du gouvernement, nous avons intensifié les échanges entre nos pays, et j’ai eu récemment le plaisir de recevoir à Berlin mes homologues tunisien, Mohamed Nafti, et algérien, Ahmed Attaf », a-t-il déclaré.
La Méditerranée présentée comme un espace de puissance entre deux continents
Ce voyage doit permettre de maintenir le rythme soutenu des contacts diplomatiques observé ces derniers mois, à la suite notamment de la visite d’Abdelmadjid Tebboune dans la capitale allemande. Les intérêts économiques et sécuritaires y sont décrits comme largement communs.
Le responsable allemand a résumé sa vision d’une formule ambitieuse : ensemble, les deux rives peuvent faire de la Méditerranée un véritable espace de puissance reliant les deux continents. Une manière de rappeler que le partenariat Algérie-Allemagne se joue désormais bien au-delà des seuls mètres cubes de gaz.
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