Un nouveau cycle de discussions sur l’avenir du Sahara occidental s’est ouvert à partir d’hier le 8 février à Madrid, marquant une étape importante dans le processus diplomatique relancé récemment par les États-Unis. L’Algérie, le Maroc, la Mauritanie et le Front Polisario sont attendus dans les locaux de l’ambassade américaine en Espagne pour une session de pourparlers qui s’inscrit dans la continuité des rencontres tenues à Washington à la fin du mois de janvier.
Initialement destinée à rester confidentielle, l’information a finalement fuité dans la presse espagnole. Dans son édition du samedi 7 février, le journal El Confidencial a révélé la tenue imminente de ces négociations, organisées sous les auspices de Washington. Selon le média espagnol, les délégations des quatre parties concernées seront représentées au plus haut niveau, avec la participation de leurs ministres des Affaires étrangères respectifs.
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Négociations sous l’égide de Washington
Ces discussions constituent la deuxième phase d’un processus diplomatique relancé par l’administration américaine, qui affiche désormais une implication plus active dans ce dossier vieux de plusieurs décennies. À la manœuvre figure Massad Boulos, conseiller spécial pour l’Afrique du président américain Donald Trump. Ce dernier a récemment qualifié le règlement du conflit du Sahara occidental de « priorité absolue pour les États-Unis », un signal fort qui semble avoir contribué à ramener l’ensemble des protagonistes autour de la table des négociations.
Selon le journaliste espagnol Igniacio Cembrero, Washington chercherait à insuffler une nouvelle dynamique aux discussions, notamment en demandant au Maroc de revoir en profondeur sa proposition d’autonomie. Le même journaliste indique que les autorités marocaines auraient ainsi élaboré un document beaucoup plus détaillé, passant de trois pages initialement à un texte d’environ 40 pages, destiné à répondre aux attentes américaines et à enrichir le contenu des négociations.
La réouverture du vol aérien entre l’Algérie et le Maroc devrait être aussi à l’ordre du jour des négociations. Depuis plus de quatre ans, soit depuis septembre 2021, l’Algérie a interdit la Royale Air Maroc de survol de son territoire. Une décision intervenue, rappelons-le, suite à la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays voisins.
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Positions divergentes et perspectives d’avenir
De leur côté, l’Algérie et le Front Polisario maintiennent une position constante, réaffirmant leur attachement au principe de l’autodétermination du peuple sahraoui. Ils continuent de réclamer l’application de l’accord conclu il y a 35 ans, qui prévoit l’organisation d’un référendum permettant aux populations concernées de se prononcer sur leur avenir. La Mauritanie, quant à elle, conserve traditionnellement une posture de neutralité, tout en participant aux efforts régionaux visant à parvenir à une solution politique durable.
Si ces pourparlers de Madrid suscitent de nombreuses attentes, leur issue reste incertaine. Les divergences entre les positions des différentes parties demeurent profondes, malgré la volonté affichée des États-Unis de jouer un rôle de facilitateur actif. Toutefois, la reprise du dialogue à ce niveau et dans ce format constitue, pour de nombreux observateurs, une opportunité à saisir pour tenter de débloquer ce conflit.
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