Sahara occidental / Conférence d’Abuja, L’impunité du Maroc dénoncée

Sahara occidental / Conférence d’Abuja, L’impunité du Maroc dénoncée

sahara-occidental (1).jpgLa nécessité de mettre en place un mécanisme de protection des droits de l’Homme au Sahara occidental a fait l’objet d’un consensus parmi les participants à la Conférence africaine de soutien de la cause sahraouie.

En attendant la résolution finale de cette conférence qui prend fin aujourd’hui, par l’adoption de la «Déclaration d’Abuja», les différents intervenants ont insisté sur la nécessité de mettre en place un instrument.

Celui-ci est seul à même d’arrêter l’occupant marocain dans son entreprise quotidienne de violation des droits de l’Homme dans les territoires occupés du Sahara occidental. «Il est nécessaire de mettre en place un instrument de supervision dans les territoires occupés du Sahara occidental, tel que la Minurso.

Cela permettra aux populations sahraouies d’être respectées et d’exercer leur droit à l’autodétermination», a indiqué hier, mardi, lors de cette rencontre, Barrister Ines Miranda, juriste espagnol, membre du collectif des avocats de défense du Sahara occidental.

Dans sa communication, l’avocate a déploré que, «face aux violations flagrantes des droits des Sahraouis sur leurs territoires, il y a absence de réaction de la communauté internationale, pourtant très informée sur la situation». «Il n’y a pas encore de solution palpable pour faire pression sur le Maroc et l’amener à cesser ces campagnes de violence et d’intimidation des Sahraouis. Nous allons travailler pour que la déclaration finale de cette conférence insiste sur la nécessité de mettre en place un mécanisme de droits de l’Homme au Sahara occidental», a indiqué Mme Barrister. L’appel à la création d’un mécanisme de protection des droits de l’Homme au Sahara occidental était formulé dans plusieurs interventions, avant-hier lundi, lors de l’ouverture des travaux de cette rencontre de solidarité, à laquelle l’Algérie participe avec une délégation conduite par le Comité national algérien de soutien au peuple sahraoui (Cnasps). Dans un message lu en son nom par le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Tayeb Louh, le président Bouteflika, a jugé «plus que jamais d’actualité» la nécessité de mettre en place un mécanisme de suivi et de surveillance des droits de l’Homme au Sahara occidental qui lutte pour son indépendance depuis près de 40 ans.

Pour le président Bouteflika, la mise en place de ce mécanisme est d’autant plus nécessaire que «l’Organisation des Nations unies, particulièrement le Conseil de sécurité, sont, au quotidien, interpellés par les souffrances qu’endure le peuple du Sahara occidental depuis près de quarante années». «Les violations massives et systématiques des droits de l’Homme, qui ont lieu à l’intérieur des territoires occupés, pour réprimer la lutte pacifique des citoyens pour la liberté d’association, de manifestation et d’expression, ne sauraient laisser la communauté internationale indifférente».

R. I. / Agences

– Le président sahraoui, Mohamed Abdelaziz, a estimé hier, que la situation était «grave» au Sahara occidental et nécessitait «une intervention urgente» de la communauté internationale, pour mettre un terme à «la répression» exercée par le Maroc, a indiqué l’Agence de presse sahraouie (SPS). Dans une lettre adressée à la présidente de la Commission de l’Union africaine (UA), Nkosazana Dlamini-Zuma, et au président de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples, le président Abdelaziz a souligné que les autorités marocaines «ont commencé depuis la mi-octobre en cours à déployer de nouvelles unités spéciales, à travers les quartiers et les rues des villes d’El-Ayoun et Smara, en parallèle avec la visite de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU au Sahara occidental». Il a précisé que «ce déploiement sans précédent a ouvert la voie à une nouvelle méthode de répression, car beaucoup d’éléments de ces unités ont été repartis, en tenue civile, sur des endroits où manifestaient des citoyens sahraouis pour effectuer des manœuvres qui dénotent d’une provocation de la part des forces marocaines d’une manière qui ne s’accorde en rien avec la voie pacifique, sur laquelle insistent les Sahraouis dans leurs protestations contre la politique d’occupation». Le président sahraoui qui a dénoncé «des pratiques graves et immorales, voire illégales, visant à terroriser les citoyens sans défense», a également déploré que de tels actes soient exercés en plein jour et en présence de la mission de l’ONU pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental et pendant la visite de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU dans la région.