Refus de mariage d’un Algérien avec une Française : Robert Ménard demande à Emmanuel Macron de témoigner

Attendu devant le tribunal à la fin du mois de septembre pour avoir rejeté l’union d’un sans-papiers algérien visé par une OQTF, le maire de Béziers, Robert Ménard, ne compte pas plier. Il en appelle désormais au président français, Emmanuel Macron, lui demandant de « répéter » ses propos tenus en 2025 sur le caractère « ubuesque » de l’affaire. Une confrontation judiciaire et sociétale sous haute tension.
Robert Ménard relance Emmanuel Macron. Attendu le 30 septembre devant le tribunal judiciaire de Montpellier, le maire de Béziers devra répondre de son refus de célébrer, en 2023, le mariage d’un ressortissant algérien en situation irrégulière sous le coup d’une OQTF.
Pourtant, le président français avait lui-même qualifié l’affaire de « situation ubuesque » sur le plateau de TF1 l’année passée. C’est pourquoi le maire de Béziers, historiquement proche du Rassemblement national (RN), a révélé ce jeudi sur LCI avoir sollicité Emmanuel Macron : « Je lui ai écrit pour lui en parler et je vais lui demander de venir témoigner. Je souhaite simplement qu’il répète ce qu’il a dit. »
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Robert Ménard risque cinq ans de prison
En juillet 2023, le maire de Béziers, Robert Ménard, avait refusé de célébrer le mariage d’une Française avec un ressortissant algérien. L’élu justifiait sa décision par le fait que l’homme était en situation irrégulière et visé par une obligation de quitter le territoire français (OQTF), soupçonnant un mariage blanc. Bien que le procureur de Béziers n’ait décelé aucune fraude et autorisé la cérémonie, Robert Ménard avait persisté dans son refus, invoquant une incohérence du droit qui l’obligeait à marier une personne censée être expulsée.
Pour ce refus assimilé par la loi à de la désobéissance, le maire de Béziers encourt jusqu’à cinq ans de prison, 75 000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité. Il martèle ainsi son appel au chef de l’État : « Puisque c’est ubuesque, j’espère qu’il viendra dire aux juges à quel point cette situation l’est. »
Proposition de loi rejetée
En mai 2025, le chef de l’État reconnaissait lui-même les limites de la législation en affirmant « que le droit est mal fait ». Il s’était alors montré ouvert à l’examen par l’Assemblée nationale d’une proposition de loi visant à interdire ces unions.
En juin dernier, le groupe UDR d’Éric Ciotti est revenu à la charge avec une proposition de loi accordant aux maires le pouvoir de refuser ces unisons et d’alerter sur les unions suspectées d’être « arrangées ». Le texte a toutefois été enlisé face à une vague d’amendements déposés par la gauche.
Bien que largement réélu dès le premier tour lors des dernières municipales avec 65,60 % des suffrages, Robert Ménard avoue son « inquiétude » face au risque d’inéligibilité. L’élu biterrois ne regrette pourtant rien et reste inflexible : « On m’explique qu’ils devraient être à l’extérieur de ce pays parce qu’il est en situation illégale ».
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