La situation interne du RND se dirige-t-elle vers une confrontation directe entre les deux clans qui se disputent la direction du parti ? Le mouvement de redressement qui a vu le jour au lendemain des législatives du 10 mai réussira-t-il à renverser le rapport de force en sa faveur ? Des questions qui restent pour le moment sans réponse. Et pourtant, des sources sûres laissent croire que «sur le terrain, le vent de la contestation souffle à une grande vitesse sur la maison RND».
Abder Bettache – Alger (Le Soir) – L’actuelle direction nationale du RND est plus que jamais sous les feux de la rampe. En effet, les élections locales de novembre prochain constitueront à coup sûr un véritable test de vérité six mois après la débâcle de mai dernier. L’enjeu est de taille. Il s’agit pour l’équipe d’Ahmed Ouyahia de battre en brèche les «griefs» retenus et autres arguments avancés à son encontre par ses détracteurs. Or, la situation semble prendre d’autres proportions avec l’entrée en lice, dit-on, des «ténors» du RND. Des informations rapportées par la presse évoquent le «ralliement au mouvement de redressement des personnalités connues au sein du parti» et qui ont jusque-là évité de s’impliquer dans le bras de fer engagé entre la direction du RND et le mouvement de redressement animé par les Nouria Hafsi et Belkacem Benhassir et autres Tayeb Zitouni et Hami Laroussi. C’est ainsi qu’on parle du retour des anciens à l’image d’ex-ministres à l’image de Abdelkader Attaf et Yahia Guidoum ou encore ceux qui ont été remerciés, à l’occasion du dernier changement gouvernemental à l’image de l’ex-ministre de l’Éducation Boubekeur Benbouzid. A ce sujet, on avance même le retour au «bercail», de Mokdad Sifi. Ce dernier, rencontré hier au cimetière El Alia à l’occasion de la cérémonie funéraire de l’ex-président de la République Chadli Bendjedid, a évité de faire le moindre commentaire. Pour sa part, le secrétaire général du RND fidèle à lui-même, a affiché une «sérénité totale», laissant croire que «rien de particulier» ne se produit au sein de son parti. Une attitude qu’Ahmed Ouyahia a de tous temps affiché, et ce, au sommet de la crise de son parti. Il n’en demeure, qu’hier, les détracteurs du secrétaire général du RND ont marqué de leur présence la cérémonie funéraire de l’ex-président de la République. Un message que ces derniers ont voulu sans aucun doute transmettre «à qui de droit», d’autant que hier, la classe politique dans son ensemble était largement présente au cimetière El Alia. Par ce mouvement, les redresseurs souhaitent «un changement » et pour ce faire, ils appellent à «un congrès extraordinaire au cours duquel l’actuelle direction remettrait son mandat», et en cas de refus, ils se disent «prêts à tous les combats». Parmi ces combats, figure la bataille électorale de novembre prochain. A ce titre, les animateurs du mouvement de redressement qui ont «multiplié les contacts» avec la base misent sur une défaite de leur parti aux locales de novembre prochain. D’ailleurs, les analystes de la question politique nationale ont, jusque-là, soutenu l’idée, selon laquelle les frondeurs peuvent revenir à la charge si Ouyahia est éjecté du gouvernement et une défaite certaine aux locales de novembre prochain. Bien que désarmés face à Ouyahia, les frondeurs se disent convaincus que «le mécontentement est général au sein du parti». Pour eux, «les cadres militants cachent leur colère». Mais pour cette fois-ci, on indique que conjoncture oblige, il sera désormais «urgent de changer de stratégie » et «éviter toute forme de manipulation dont l’objectif est de tuer la contestation à la base». Pour les animateurs du mouvement de redressement, la dernière ligne droite est désormais entamée. Le finish est fixé pour le 29 novembre prochain.
A. B.
