La vie d’un pays se mesure en général à la propreté et à l’hygiène de ses villes et à la qualité de ses produits et de ses services.
Et sur ce plan et sur bien d’autres, notre pays arrive loin derrière la plupart des Etats du monde.
Si l’on se réfère à une longue enquête réalisée par l’ONU et publiée par une revue spécialisée et pour laquelle nous n’avons aucun a priori, l’Algérie se place allègrement à la 83e, à la 101e, à la 97e et parfois pire sur l’échelle des nations en ce qui concerne de nombreux domaines d’activité.
Comme, par exemple, l’enseignement, le logement, les loisirs, les droits de l’Homme.
Sur le plan de l’hygiène, le mot catastrophe n’est pas démesuré et renseigne au contraire sur l’absence quasi généralisée de la propreté dans nos villes.
Le phénomène a même atteint les campagnes où les décharges publiques et non contrôlées font bon ménage avec les hameaux.
Et pourtant, pendant les premières années de l’indépendance, nos agglomérations étaient plutôt proprettes et même coquettes.
C’est vrai qu’à cette époque la population n’était pas nombreuse, ne s’entassait pas dans les bidonvilles et que l’exode rural n’avait pas commencé.
Les employés des services communaux de nettoiement qui avaient blanchi sous le harnais colonial, avaient pris l’habitude d’enlever les ordures le soir et terminaient généralement leur travail aux aurores.
Le lendemain matin à Alger ou à Oran, les citoyens qui se réveillaient avaient l’agréable impression que leur ville avait été passée à l’eau et à l’encaustique. Les grandes avenues étaient nettes, pas un mégot ou un papier perdu ne traînaient sur le sol.
Par émulation, les femmes de ménage en faisaient autant sur les trottoirs des magasins, des cafés ou des devantures.
Aujourd’hui, un simple tour dans une ville du pays, à l’Est, à l’Ouest, au Sud ou au Nord, vous renseigne sur la propreté avec ces ordures qui traînent un peu partout.
A titre d’exemple, des quintaux de déchets de toutes sortes s’entassent tous les jours, sans être jamais enlevés en plein centre-ville à Oran, face à un centre de soins.
L’odeur qui s’en dégage est telle que rares sont les citoyens qui empruntent cette rue sinon pour passer une visite médicale.Le problème en réalité se situe à deux niveaux, au niveau des citoyens dont on connaît le légendaire incivisme, et au niveau des services de la mairie. Pas tous bien sûr et certains sont dépassés par la charge de travail.
Et parfois, des travailleurs qui se plaignent en général de tous les maux de leur département et surtout de leur salaire, n’hésitent pas à tricher. Les enlèvements sont carrément bâclés, réalisés au petit trot, à la va-vite.
Des camions commencent leur tournée à 9h, au beau milieu de la circulation, gênant tout le monde les commerçants comme les automobilistes.
Quelques-uns roulent même en sens interdit.
Résultat : à midi la ville est aussi sale que le matin, parfois plus puisque les éboueurs dans leur précipitation laissent toujours sur leur passage traîner les surplus des poubelles qu’ils n’ont pas pu déverser dans leur engin.
I.Z
