Révision de la Constitution : les principaux changements proposés en Algérie

Révision de la Constitution : les principaux changements proposés en Algérie
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Le projet de révision de la Constitution algérienne, qui doit être soumis à l’approbation des deux chambres du Parlement, introduit plusieurs modifications importantes touchant à l’organisation des pouvoirs, aux prérogatives présidentielles, au fonctionnement du Parlement et au système électoral.

Présidence : nouvelles conditions et prérogatives élargies

Le texte propose d’ajouter une nouvelle condition pour la candidature à la magistrature suprême, en complément de celles déjà prévues par la Constitution. Désormais, le candidat devra justifier d’un niveau d’instruction, sans précision sur le diplôme requis.

Par ailleurs, la révision renforce le caractère institutionnel de la prestation de serment. Le président de la République prêtera serment devant le Parlement réuni en congrès, tandis que le premier président de la Cour suprême sera chargé de lire le texte du serment, consacrant ainsi le rôle de l’autorité judiciaire dans cette cérémonie.

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Sur le plan politique, le projet élargit également les prérogatives du chef de l’État, qui pourra désormais convoquer des élections locales anticipées, en plus des élections législatives et présidentielles déjà prévues.

Parlement : un Conseil de la nation renforcé

Le projet introduit un changement notable dans la représentation au Conseil de la nation. Il met fin au principe actuel d’une représentation uniforme et prévoit désormais une répartition des sièges en fonction du poids démographique des wilayas, avec un ou deux représentants selon les cas.

Dans une logique de stabilité institutionnelle, la durée du mandat du président du Conseil de la nation est portée à six ans, sans limitation du nombre de mandats.

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En parallèle, le texte accorde au gouvernement un rôle plus important dans la gestion des différends législatifs entre les deux chambres. Il pourra, selon la situation, trancher en faveur de l’une des deux assemblées afin de débloquer le processus législatif.

Justice : une réorganisation du Conseil supérieur de la magistrature

Le projet de révision prévoit également une refonte du Conseil supérieur de la magistrature. Certaines représentations, notamment syndicales et celles liées au Conseil national des droits de l’homme, sont supprimées, tandis que le procureur général près la Cour suprême est intégré à la nouvelle composition.

Autre changement majeur : la procédure de nomination aux fonctions judiciaires. Celle-ci ne nécessitera plus un avis conforme du Conseil, mais une simple consultation, les nominations étant désormais effectuées par décret présidentiel.

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Le texte modifie également le fonctionnement de l’autorité nationale indépendante des élections. Désormais, la préparation matérielle et logistique des scrutins sera confiée à l’administration, via le ministère de l’Intérieur.

L’autorité indépendante conservera toutefois ses missions essentielles, à savoir la supervision, le contrôle et la garantie de la transparence des processus électoraux.

À travers ces ajustements, le projet de révision de la Constitution algérienne dessine une nouvelle répartition des rôles entre les institutions. Il vise à renforcer l’efficacité du fonctionnement de l’État, tout en introduisant des mécanismes censés améliorer la gouvernance et la stabilité politique.

Reste désormais l’étape de l’adoption parlementaire, qui déterminera l’entrée en vigueur de ces réformes et leur impact réel sur l’équilibre des pouvoirs en Algérie.