Révélation d’Ould Kablia ,50 milliards de dinars juste pour l’hygiène

Révélation d’Ould Kablia ,50 milliards de dinars juste pour l’hygiène
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Les pouvoirs publics ont dépensé depuis 2005, grâce aux fonds spéciaux et autres budgets de l’État, pas moins de 50 milliards de dinars au titre de dotations de moyens matériels pour les communes afin de mener les opérations de nettoiement.

L’un des volets abordés lors des derniers regroupements régionaux effectués par le ministre de l’Intérieur, M. Daho Ould Kablia, avec les walis du pays, a trait à un domaine sensible et important dans le vécu quotidien des citoyens.



Il s’agit du dossier relatif à l’hygiène et à la salubrité publiques, dont l’impact en matière de santé et de développement est des plus déterminants. Le ministre de l’Intérieur, en évoquant à partir d’Oran la nécessité pour les collectivités locales de revenir aux “missions basiques qui étaient les leurs” avec cet aveu “de l’absence de l’État par le passé”, pointait du doigt ce volet de l’hygiène.

Les grandes agglomérations d’Algérie sont enlaidies par des amoncellements d’ordures et des décharges sauvages qui empoisonnent l’environnement. À l’instar de l’opération d’éradication de l’informel, l’opération de nettoiement à l’échelle nationale a laissé apparaître près de 5 000 points noirs et l’enlèvement de 83 647 tonnes de déchets, alors que l’opération n’en est qu’à ses débuts. Mais ce qui marque le plus les esprits, c’est de savoir comment est-on arrivé à une telle situation alors que depuis 2005 les pouvoirs publics ont, grâce aux fonds spéciaux et autres budgets de l’État, dépensé pas moins de 50 milliards de dinars au titre de dotations de moyens matériels pour les communes.

En effet, dans les rapports transmis lors du regroupement régional des walis de l’Ouest, il est dit que pour 2005 ce sont 13 milliards de dinars qui ont été octroyés aux collectivités locales pour l’acquisition de matériel roulant, soit 649 bennes tasseuses, 944 bennes à ordures, 988 camions et 1 848 tracteurs avec remorques. Ajouté à cela, en 2009, une autre opération du même type a nécessité une enveloppe financière de 32 milliards de dinars. Une fois encore c’est l’acquisition de matériel roulant pour l’entretien qui a englouti en grande partie ce fonds spécial englobant donc budget de l’État et fonds communs des collectivités locales. Les dépenses publiques ne se sont pas arrêtées là, puisqu’en 2011, 5 milliards de dinars ont été consacrés pour faire face aux dépenses liées à l’hygiène et la salubrité publique. Bien qu’aucune étude n’ait été faite pour quantifier le coût du traitement des déchets par habitant en Algérie, le rapprochement entre ces dépenses et le constat sur le terrain laisse perplexes observateurs et citoyens qui en appellent régulièrement à la bonne gouvernance et à l’amélioration de leur cadre de vie.

Les élus locaux ont souvent été interpellés sur cette question, parfois même par des protestations de rue.

D.