Retraités algériens en France : vers un changement des conditions de versement de l’ASPA ?

Retraités algériens en France : vers le maintien de vos aides sociales après le retour définitif en Algérie ? Une nouvelle initiative parlementaire à l’Assemblée nationale française pourrait changer la donne pour des milliers de retraités et d’anciens travailleurs immigrés. Ce projet de loi vise à assouplir les conditions de résidence pour permettre le versement continu de certaines prestations sociales.
Dans le cadre de l’examen du PLFSS 2027 à l’Assemblée nationale, le groupe La France insoumise (LFI) a déposé l’amendement n° 1800. Cette initiative parlementaire propose de réaliser une étude sur le maintien de l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) en faveur des retraités immigrés choisissant de retourner vivre définitivement dans leur pays d’origine.
Portée par un groupe de 73 députés, cette proposition cible prioritairement les anciens travailleurs algériens résidant en France depuis de nombreuses années. Les parlementaires suggèrent d’étudier la levée de l’obligation de résidence sur le territoire français afin de maintenir le versement de l’ASPA à ces bénéficiaires.
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ASPA : quelles conditions faut-il remplir aujourd’hui pour en bénéficier ?
Destinée aux séniors disposant de faibles revenus, l’ASPA agit comme un complément de ressources dans la limite des plafonds fixés par la législation. À la différence d’une pension de retraite classique adossée aux cotisations versées durant la carrière, cette prestation relève de la solidarité nationale. Son versement est ainsi conditionné par des critères d’âge, de plafonds de ressources et de résidence.
Le versement de l’ASPA est strictement soumis à une obligation de résidence stable et effective en France. Par conséquent, toute installation définitive à l’étranger met fin au versement de cette allocation.
Cette règle s’applique directement aux retraités algériens désireux de s’installer définitivement dans leur pays d’origine, en dépit de leurs nombreuses années de travail et de cotisations en France. Une distinction essentielle s’impose : si la pension de retraite contributive peut être perçue partout dans le monde, l’ASPA demeure quant à elle rigoureusement conditionnée à la présence physique sur le territoire français.
Qui sont les bénéficiaires visés par cet amendement ?
Cette initiative parlementaire met l’accent sur le parcours des anciens travailleurs immigrés — communément désignés sous le terme de « Chibanis » — arrivés en France au cours des Trente Glorieuses (1946-1975). Le texte met ainsi en lumière cette génération venue prêter main-forte à la reconstruction et à l’essor économique du pays après la Seconde Guerre mondiale.
Issus en grande partie d’Algérie et du Maghreb, ces séniors ont œuvré dans des secteurs clés tels que le BTP, l’industrie ou l’agriculture. À travers cet amendement, les parlementaires entendent cibler les personnes ayant résidé légalement en France pendant au moins 15 ans et cotisé à un régime de retraite obligatoire.
Pour justifier cette mesure, les parlementaires rappellent une réalité humaine poignante : de nombreux anciens travailleurs choisissent de rester isolés en France uniquement pour ne pas perdre l’ASPA, alors même que toute leur famille réside au pays. Conserver cette prestation sociale après un retour définitif offrirait ainsi une solution digne et adaptée à leur fin de vie.
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