Retards dans l’acheminement du courrier postal, Des délais insensés qui pénalisent le citoyen

Retards dans l’acheminement du courrier postal, Des délais insensés qui pénalisent le citoyen

«Le temps c’est de l’argent». Voici un adage qui est loin d’avoir sa place chez nous en Algérie, du moins pour certaines situations, plus particulièrement lorsqu’il s’agit de prestations au niveau des guichets des antennes APC, daïra, wilaya, Algérie-Poste, Algérie -Télécom Etc.

Sachant que l’acheminement du courrier  dans des délais raisonnables constituent le plus important des challenges des postiers du monde entier, cela ne semble pas préoccuper outre mesure les agents d’Algérie-poste oranais.

En effet, les prestations d’Algérie-Poste semblent donner quelques soucis au citoyen et notamment à ses clients. Outre les éternels tracas relayés au quotidien par la presse nationale et locale, auxquels sont confrontés les gens qui se rendent au niveau des bureaux

de poste pour diverses opérations, tel que le paiement de factures (téléphone et électricité), envoi de mandats, dont la plus ardue est celle qui concerne les retraits d’argent, notamment pour les retraités, il y a également la lenteur dans l’acheminement du courrier qui prend une tournure inquiétante.

Il y a un peu plus de trois décennies, l’ancêtre d’Algérie-Poste, à savoir les PTT, avait la réputation, notamment à Oran, d’être infaillible au niveau de la distribution du courrier, alors même que les moyens dont disposait à l’époque cette administration, comparés à l’actuelle tutelle, étaient bien limités. Le centre de tri de St-Charles fonctionnait jour et nuit avec des équipes qui se

relayaient et qui s’efforçaient de faire en sorte que le courrier arrive à ses destinataires le plus tôt possible. Chaque quartier avait son propre facteur, de ce fait, il était très courant qu’une lettre postée la veille arrive le lendemain matin chez son destinataire dans la même ville, seulement après 24h ou 48h, tout au plus, dans l’une des villes de l’Ouest du pays, lorsque ce n’était pas carrément au Centre et à l’Est du pays.

FINI LE TEMPS BÉNIT DU FACTEUR DE QUARTIER

Or, nous assistons aujourd’hui à une sorte de régression concernant cet aspect, puisqu’en ce qui concerne l’acheminement et la distribution du courrier, le facteur temps semble ne plus avoir sa place.

Aussi, une lettre par exemple postée par un citoyen à partir du quartier d’Es-Seddikia à Oran ou de la cité Es-Sabbah, en direction d’un destinataire qui habiterait à l’autre bout de la ville, soit à la cité Petit ou Eckmühl, mettra plusieurs jours pour arriver chez ce dernier lorsqu’il arrive bien sûr, qu’elle ne s’égare pas en cours de route. Un cas parmi d’autres qui n’est pas rare et qui très souvent, a cette exécrable particularité d’embarrasser le citoyen dont peut dépendre le destin sur la base d’un envoi selon qu’il arrive à bon port ou en retard.

A l’exemple des redevances de téléphone qui, jadis comme on vient de le rappeler, atterrissaient chez l’abonné à des dates raisonnables, qui permettaient à ce dernier d’avoir les délais nécessaires, généralement d’une quinzaine de jours, comme cela était

autrefois indiqué sur la facture elle-même. Ce qui n’est plus le cas, puisque entre la date d’émission et celle où arrive la redevance, il se passe plusieurs jours, soit en moyenne une dizaine de jours. D’ailleurs, une dame nous a exhibé une redevance téléphonique sur laquelle on pouvait voir la date d’envoi des services inscrite dessus, le 1er mars. Alors la mention «payer avant le 28 mars», alors

qu’en réalité cette facture n‘est parvenue chez l’abonné que le 24 de ce mois seulement, soit quatre jours seulement de délai au lieu des 15 officiellement requis, comme c’est le cas pour la Sonelgaz qui a cette caractéristique de distribuer les redevances par ses propres moyens et surtout dans des délais rationnels.

Ces lenteurs si elles peuvent encore passer en ce qui concerne les factures de téléphone, elles estropient parfois sérieusement  des citoyens, comme ceux qui sont extrêmement liés à des correspondances lorsqu’il s’agit de courrier administratif comme un rendez-vous, pour un entretien d’embauche, examen à passer, dossier à déposer, ou tout autre réception importante dont peut dépendre l’avenir professionnel ou pédagogique.

Toutefois, certains organismes de leur côté, ne jouent pas le jeu et semblent, quelquefois, pour des raisons inexpliquées, s’accommoder de ces lenteurs.

Nous pourrons citer le cas de cette convocation envoyée à un étudiant qui réside à Oran, concernant un rendez-vous d’entretien d’embauche, par une société nationale dont le siège en question se trouve à plus de 400 km de là, et qui selon les dates d’envoi et de réception par les services d’Algérie Poste, font ressortir un délai de seulement deux jours, alors que le jour de l’entretien était largement dépassé de 48 heures.

DES CENTAINES DE PERSONNES ONT EU À VIVRE PAREILLE MÉSAVENTURE

Mais le clou de tout cela est que cette convocation, expédiée sous forme de télégramme, censé parvenir à son destinataire le jour même, n’est parvenue chez sa

destinataire qu’une semaine après, plus exactement 8 jours après l’entrevue prévue. Imaginez la réaction de cette personne après une telle frustration. Une attitude malheureusement vécue par des centaines de personnes qui ont eu à vivre pareille mésaventure.

Certains citoyens utilisent les sociétés privées à l’image de DHL ou la voie informelle qui est celle des taxis inter wilaya, pour faire acheminer leurs dossiers et autres documents importants qui exigent le respect des délais par express. Mais la majorité des gens ne peut se payer les services de ces boîtes privées dont le coût des envois est excessif. Exemple, une lettre de format moyen contenant un dossier, pour être acheminée à partir d’Oran vers Saïda, coûtera autour de 800 DA et 1000 DA et le prix d’une place chez un taxieur qui en demanderait parfois plus, notamment lorsqu’il s’agit de

la destination Alger. Pour la France par exemple, un citoyen né à Lyon, nous dira que dans l’idée d’éviter une trop pénible lenteur du courrier, il se serait dirigé vers les services de cette boîte, qui lui aurait demandé plus de 5000 DA pour une simple lettre adressée au tribunal de cette ville. Finalement, il aurait remis son courrier à quelqu’un en partance pour la France le lendemain, en lui remettant avec, le montant du timbre en euros. «Cela m’a valu 500 DA seulement» tiendra-t-il à affirmer.

«Presque partout dans le monde, notamment en Europe, la Poste est restée entre les mains de l’Etat et continue de satisfaire ses prestations en direction de la population. Or, chez-nous, les tarifs des timbres et autres envois ont grimpé, mais en ce qui concerne les prestations, c’est du n’importe quoi», dira un sexagénaire qui sortait

bredouille d’un bureau de poste après que son fils habitant à Biskra, lui ai affirmé avoir envoyé un courrier depuis déjà plus de 15 jours. Pourtant, la plupart des gens interrogés sur la Poste, disent lui rester fidèles et qu’ils souhaiteraient surtout que le service s’améliore afin qu’elle ne bascule pas dans le giron d’une privatisation qu’ils craignent et dont ils gardent un goût assez amer pour l’avoir expérimentée au niveau d’autres secteurs de la vie publique.

Aussi, espèrent-ils qu’un jour, dans un proche avenir, que tout rentrera dans l’ordre et qu’ils continueront d’acheminer leur courrier via cette institution étatique, même si dans la nouvelle ère, le courrier électronique a détrôné les autres moyens de communication.

S.A.Tidjani