Après près de quinze ans d’attente, le Parlement européen a franchi une étape historique mercredi 21 janvier dernier, en adoptant de nouvelles mesures pour la protection des droits des voyageurs. Si les passagers s’en réjouissent, les compagnies aériennes s’alarment des conséquences économiques, alors que le projet doit encore recevoir le feu vert des États membres.
Vers une révolution des droits des passagers aériens : les députés européens ont massivement voté en faveur d’une réglementation obligeant les compagnies aériennes à dédommager les retards de plus de trois heures et à autoriser les bagages à main gratuits lors des vols low cost.
Bien que jugé menaçant pour le secteur aérien, ce texte décennal attend désormais sa validation finale par les pays de l’Union européenne.
🟢 À LIRE AUSSI : Jusqu’à -60 % sur les vols : Air Algérie relance l’offre OTLA
Ce qui pourrait bientôt changer si vous prenez l’avion en Europe
Adoptée à une majorité écrasante (632 voix contre 15), la nouvelle législation sur la protection des voyageurs sort enfin d’une impasse de quinze ans. Ce projet de révision a dû braver l’opposition du secteur aérien, qui accuse les législateurs de méconnaître les réalités opérationnelles du métier. Malgré ce lobbying intense, plusieurs pays moteurs comme la France, l’Allemagne ou encore l’Espagne soutiennent fermement ce renforcement des droits des passagers aériens.
Cette nouvelle réglementation s’attaque aux zones d’ombre du secteur aérien. Elle met fin aux stratégies de contournement des compagnies aériennes qui, pour éviter d’indemniser les voyageurs, cherchaient systématiquement à élargir les exceptions ou à repousser le seuil des indemnisations de trois à cinq heures de retard.
Par ailleurs, le nouveau cadre réglementaire révise à la hausse le barème des indemnités. Alors que le régime actuel prévoit des compensations allant de 250 euros à 600 euros en cas d’annulation ou de retard dépassant les trois heures, le texte adopté mercredi dernier relève le plancher à 300 euros, maintenant le plafond à 600 euros selon la distance.
Supprimer les frais supplémentaires pour les bagages cabine
Le casse-tête des valises touche peut-être à sa fin. La nouvelle législation impose un standard de bagages gratuits pour tous : un accessoire de type sac à main (40 x 30 x 15 cm) et un bagage cabine de 7 kg (55 x 40 x 20 cm). L’objectif est d’harmoniser des règles aujourd’hui disparates qui nuisent à la clarté des tarifs. Cette décision cible directement les pratiques des compagnies à bas coûts.
Les associations de consommateurs ont salué ce projet. Les compagnies aériennes, en revanche, dénoncent un texte qui pourrait faire augmenter les coûts des vols pour tous les acteurs.
Pour l’instant, cependant, rien ne change. Le texte doit encore être validé par les États membres de l’Union européenne pour entrer en vigueur. Des négociations vont bientôt s’ouvrir et, en cas de désaccord, une commission spéciale sera chargée de retrouver un terrain d’entente.
🟢 À LIRE AUSSI : Titre de séjour et travail simplifiés : ce pays Schengen passe au « permis unique »
