La Grande Mosquée de Paris (GMP) a publié ce jeudi un communiqué dans lequel elle critique fermement un rapport récemment présenté par un groupe de sénateurs français consacré à la lutte contre « l’entrisme islamiste ». L’institution religieuse estime que ce texte, présenté au nom de la protection de la République et de la laïcité, porte atteinte aux libertés fondamentales et stigmatise, selon elle, « une communauté de foi tout entière ».
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Dès l’ouverture du communiqué, la GMP affirme intervenir « dans un climat délétère visant les musulmans de France, où s’accroît la grave confusion entre musulman et islamiste ». Elle juge que le rapport sénatorial contribue à cette confusion, en mettant sur le même plan pratique religieuse ordinaire et radicalisme. L’institution rappelle également son attachement traditionnel aux principes républicains, soulignant qu’elle « s’est toujours pleinement engagée » pour la laïcité et les valeurs de la République.
La Grande Mosquée de Paris alerte : “Un texte qui divise et cible les musulmans”
Parmi les mesures citées dans le rapport, deux propositions ont particulièrement retenu l’attention de la Grande Mosquée de Paris : l’interdiction du port du voile pour les accompagnatrices scolaires et l’interdiction du jeûne du mois de Ramadan pour les mineurs de moins de 16 ans.
La GMP rappelle à ce propos que le jeûne est une obligation religieuse liée à la puberté, et qu’il ne concerne donc pas automatiquement les mineurs. Pour l’institution, ces recommandations traduisent une volonté de restreindre des pratiques spécifiquement musulmanes et d’installer « un régime d’exception » visant les fidèles.
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Le communiqué critique également ce qu’il décrit comme une « surveillance généralisée » des familles et des lieux de culte musulmans. Selon la GMP, de nombreuses propositions contenues dans le texte sénatorial visent non pas les extrémistes, mais « les fidèles ordinaires ».
L’institution considère que l’application de telles mesures entraînerait « une remise en cause de la liberté de conscience, de la Constitution et de la dignité de millions de citoyens musulmans ».
La Grande Mosquée de Paris accuse un rapport sénatorial de “confusion dangereuse”
La Grande Mosquée de Paris va plus loin en estimant que certaines recommandations supposeraient de mettre en place « une véritable police des mœurs musulmanes ». Elle évoque notamment des dispositifs qui nécessiteraient, selon elle, « de forcer les portes des foyers, vérifier si les enfants mangent lors du Ramadan, contrôler l’apparence vestimentaire dans l’espace public ». De telles pratiques constitueraient, toujours selon le communiqué, « des atteintes graves à la vie privée » et introduiraient « une discrimination ciblée ».
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L’institution religieuse reproche également au rapport de confondre « religion et idéologie, foi et radicalisme ». Elle estime que ses auteurs « stigmatisent d’avance des familles, des quartiers, des mosquées », en faisant de l’islam « un coupable idéal ». La GMP considère ces approches comme « contreproductives » dans la lutte contre les dérives radicales, soulignant qu’elle-même mène depuis longtemps des actions en ce sens.
En conclusion, la Grande Mosquée de Paris annonce étudier les voies légales possibles pour défendre les droits qu’elle estime menacés. Elle lance également un appel à « défendre la laïcité qui protège toutes les religions », à garantir la liberté de conscience et à promouvoir « des politiques d’inclusion, de dialogue et de respect ». Le communiqué affirme que la France « a besoin d’un débat serein » et non « d’un texte qui divise, qui chasse, qui suspecte ».
