Résidence du Sahel au Club des Pins : Une « principauté » pour la Nomenklatura algérienne

Résidence du Sahel au Club des Pins : Une « principauté » pour la Nomenklatura algérienne

Capture plein écran 09022011 153608.jpgUn conclave pour les nantis. Un havre de paix et de sécurité pour la nomenklatura algérienne. Un bunker pour les privilégiés du régime. Une vraie principauté La résidence d’Etat, station balnéaire située à 25 km à l’ouest d’Alger, vient d’être dotée d’une nouvelle loi régissant la sécurité et la vie à l’intérieur et aux alentours de ce qui ressemble à une sorte de principauté dans le territoire algérien. D’une surface de 400 000 m2, cette résidence qui s’ajoute à celle du Club des Pins, est composée de 53 villas au luxe raffiné.

Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a signé le 21 décembre 2010 le décret exécutif 10-316 instituant et délimitant le périmètre de protection de la Résidence d’Etat du Sahel.

Publié dans le journal officiel n° 77 du 22 décembre 20, le décret a pour objet « d’instituer un périmètre de protection de la Résidence d’Etat du Sahel, de délimiter son contour et de fixer les règles de sûreté et de sécurité applicables à l’intérieur de cet espace », est-il écrit dans le document.

Cette délimitation comprend « une zone terrestre et une zone maritime ». Placé sous l’autorité du Wali d’Alger, « un plan de sécurité du périmètre de protection est élaboré sous l’égide du wali en concertation avec le directeur général de la Résidence d’Etat du Sahel ainsi que les services concernés (services de sécurité)».

En vertu de ce décret, il est interdit dans les zones sensibles situées à l’intérieur du périmètre de protection « d’installer des équipements de télécommunications ; de pratiquer des activités de pêche, de baignade Subaquatique (plongée sous-marine), de sports nautiques, de survol du périmètre par parachute ou par ballon ; D’exercer toute activité constituant une menace pour la sûreté et la sécurité de la Résidence d’Etat du Sahel et le mouillage d’embarcations », mentionne encore le décret.

En somme, la résidence du Sahel devient une sorte de « Zone verte » dont l’accès est strictement réglementé.

Erigée sur des domaines agricoles et construite par une entreprise chinoise à coups de millions de dollars, protégée par de hauts murs, cette nouvelle résidence est d’un luxe inouï. Elle comprend 53 villas ainsi qu’une grande piscine. Les meubles et la décoration, par exemple, ont été assurés par une société italienne, Castelli S.p.a (maison fondée en 1877).

A l’heure actuelle, seul l’ancien président algérien entre 1962 et 1965, Ahmed Ben Bella, y a pu bénéficier d’une résidence avec piscine. Ce nouveau bunker pour les nantis du régime est le deuxième à être construit dans cette région du littoral ouest de la capitale.

La résidence du Club des Pins dont l’accès est régi par des règles strictes constitue l’autre havre de paix pur ministres, hauts cadres de l’Etat, gradés de l’armée, députés et autres sénateurs.

Le décret signé par le Premier ministre comporte également d’autres restrictions : « Toute construction, installation ou activité implantées à l’intérieur du périmètre de protection qui pourraient constituer un obstacle ou un danger pour la sûreté et la sécurité de la résidence d’Etat du Sahel peuvent faire l’objet de transfert, de délocalisation, de modification ou de démolition », avertit le document.

Le périmètre de sécurité s’étend par ailleurs aux zones limitrophes, constituées d’habitations et de terres agricoles. « Les constructions illicites et les habitations précaires à l’intérieur du périmètre de protection doivent faire l’objet de démolition ».

Même la nature n’échappe pas au décret. « Les activités agricoles et les cultures arboricoles exercées ou implantées au niveau du périmètre de protection ne doivent pas constituer une menace ou une nuisance pour la résidence d’Etat du Sahel », précise le décret.

Autrement dit, il est interdit l’implantation des arbres et autres plantes dans la mesure où « ces activités sont soumises au contrôle des services techniques et de sécurité concernés ».

Reste à savoir si les oiseaux nuisibles ne feront pas l’objet d’un abattage massif pour ne pas déranger les habitants de cette résidence.

Enfin, au chapitre de la circulation à l’intérieur du « périmètre de protection », elle est réglementée par l’autorité administrative et les services de sécurité.

En d’autres termes, la résidence d’Etat est interdite au citoyen lambda.