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Réserves de change : Tebboune répond au FMI et exclut la dette

Réserves de change : Tebboune répond au FMI et exclut la dette
Le président Abdelmadjid Tebboune. Crédit : Présidence de la République
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Le FMI prévoit une forte baisse des réserves de change de l’Algérie, à 19,8 milliards de dollars en 2031. Le président Tebboune assure qu’elles resteront à un « niveau acceptable » et exclut tout recours à l’endettement. Il mise sur la diversification, les grands projets miniers et la réduction des importations.

Le chef de l’État a contesté les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) lors de son entrevue périodique avec la presse. La télévision et la radio nationales l’ont diffusée samedi soir. Il y a défendu ses propres prévisions sur la croissance, le PIB et les réserves de change.

Ce que prévoit le FMI

Dans son rapport publié le 21 septembre, le FMI dresse un tableau prudent des réserves de change algériennes. Selon l’institution, elles sont passées de 68,9 milliards de dollars en 2024 à 51 milliards en 2025. Elle les prévoit à 46,5 milliards fin 2026, puis à 19,8 milliards en 2031.

Le FMI prévoit aussi une baisse de la couverture des importations. Les réserves ne couvriraient plus que 3,3 mois d’importations de biens et services en 2031, contre 8,6 mois en 2025.

Ces projections dépendent surtout des recettes d’exportation, tirées en grande partie des hydrocarbures. Elles reposent aussi sur l’évolution attendue des importations. Le FMI recommande notamment davantage de flexibilité du taux de change et une consolidation progressive des finances publiques.

Nous avions détaillé l’ensemble de ces projections dans notre article sur les réserves de change à l’horizon 2031. Pour 2026, l’institution table aussi sur une croissance de 3,8 %, après 3,9 % en 2025.

Tebboune : pas d’endettement et un « niveau acceptable » jusqu’en 2031

Le président Tebboune affirme prendre ces prévisions au sérieux. Il juge toutefois inexact de parler d’un recours à l’endettement d’ici 2031. Selon lui, l’Algérie dispose encore de réserves suffisantes pour éviter d’emprunter, ce qu’il juge très positif .

Il estime aussi que les institutions financières internationales ne disposent pas de toutes les données sur l’économie algérienne. Il assure que les réserves « resteront à un niveau acceptable », au moins jusqu’en 2031. Un journaliste l’a interrogé sur un niveau d’environ 29 milliards de dollars à cette date. « Elles seront élevées, si Dieu le veut », a-t-il répondu.

Le chef de l’État conteste aussi la prévision de croissance du FMI. La croissance se situerait entre 4,01 et 4,02 % cette année. Il estime même que le PIB pourrait atteindre 400 milliards de dollars fin 2026 ou début 2027.

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Diversification, phosphate et importations : les leviers du président

Pour soutenir les réserves, le président mise sur les recettes hors hydrocarbures. Les projets en cours doivent garantir, selon lui, un « revenu annuel stable » d’au moins 50 milliards de dollars. Il cite l’industrie automobile, les mines, l’intégration du fer dans l’industrie nationale et celle des puces électroniques.

Le président refuse toutefois d’opposer diversification et hydrocarbures. « On ne les efface pas du jour au lendemain », a-t-il lancé en arabe dialectal. La prospection se poursuit, et l’Algérie continue de travailler avec de grandes compagnies internationales.

Le chef de l’État compte aussi sur le projet de phosphate intégré, dans l’Est du pays. Les travaux de la voie ferrée liée au projet s’achèveront au plus tard fin 2026. Les essais techniques doivent se terminer fin octobre, ce qui pourrait faire gagner un ou deux mois.

Le chantier d’extension du port d’Annaba, destiné aux exportations de phosphate, doit s’achever à la fin du premier trimestre 2027. Une entreprise chinoise doit commencer cette semaine l’installation des équipements d’exportation.

Le président a aussi mis en avant les projets enregistrés auprès de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI). Il évoque « 10 000 excellents projets » et 300 projets portés par des investisseurs étrangers. Un décret doit organiser dans les prochains jours le guichet unique, pour mieux répartir les projets entre les wilayas.

Le chef de l’État compte enfin sur la régulation des importations. « Nous sommes en train de réduire la facture des importations », a-t-il déclaré. L’Algérie importait autrefois cahiers et stylos, qu’elle produit désormais localement, a-t-il rappelé.

Il a aussi dénoncé des opérateurs qui ont tenté de tricher pour obtenir des devises dans le cadre d’importations. L’État prendra les mesures légales nécessaires contre ces « comportements parasitaires », à l’issue des enquêtes, a-t-il assuré.

L’écart entre les deux lectures tient en partie au rythme de la diversification. Le FMI s’appuie sur les tendances actuelles des exportations et des importations. Le président mise sur l’entrée en production de plusieurs projets industriels et miniers à partir de 2027.

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AS

Ahmed Saifi

Journaliste senior – Politique, actualité nationale et société

Ahmed Saifi est journaliste senior au sein de la rédaction d'Algerie360. Fort de plus de vingt années d'expérience dans le journalisme, il suit et analyse les grands enjeux politiques, institutionnels et sociaux qui façonnent l'actualité algérienne.

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