Rentrée judiciaire : ces lourds dossiers de corruption au programme

Les couloirs des palais de justice retrouvent leur agitation. Ce mercredi 16 septembre, l’ensemble des tribunaux, cours et circonscriptions judiciaires du pays relancent officiellement leurs activités, refermant une parenthèse estivale ouverte le 15 juillet. Magistrats du siège et procureurs de la République rejoignent leurs affectations respectives, conformément au mouvement décidé cet été par le président Abdelmadjid Tebboune, premier magistrat du pays.
La rentrée judiciaire ramène l’ensemble des magistrats à leur poste
Pendant huit semaines, l’activité des juridictions ordinaires a tourné au ralenti. Seules les affaires impliquant des personnes placées sous mandat de dépôt ont continué d’être examinées, comme l’impose le code de procédure pénale. Les dossiers de délits et de contraventions concernant des prévenus laissés en liberté ont, eux, été systématiquement renvoyés à la reprise.
La rentrée judiciaire intervient donc avec un stock important d’audiences à replacer au rôle. Les greffes doivent désormais réorganiser des calendriers saturés, alors que plusieurs procédures lourdes arrivent à maturité. Pour de nombreux justiciables, cette reprise signifie enfin une date d’audience après un été d’attente.
Les pôles pénaux spécialisés n’ont pas connu de trêve
À l’inverse des juridictions classiques, les pôles pénaux spécialisés ont fonctionné sans interruption. Instructions, présentations devant le parquet, placements en détention et audiences se sont enchaînés durant tout l’été, notamment au sein du pôle pénal économique et financier, en première ligne dans la lutte contre la corruption.
Parmi les procédures traitées ces dernières semaines figurent le dossier portant sur des manipulations ayant entaché des élections législatives, ainsi que le volet impliquant la Société nationale des tabacs et son partenaire émirati spécialisé dans le tabac et les allumettes. Le contentieux né du détournement de l’allocation touristique de 750 euros a lui aussi continué d’occuper les magistrats.
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Le pôle économique et financier ouvre une séquence de procès lourds
Dès cette semaine, les chambres du pôle économique entament une série d’audiences sensibles. Le dossier dit de l’« Esitrade » et du transfert illicite de devises figure en tête de liste. Le 22 septembre, ce sera au tour de l’ancien ministre Beraki et de ses coaccusés de comparaître dans le retentissant scandale évalué à 600 milliards.
Ces rendez-vous judiciaires s’ajoutent à un rôle déjà dense. Plusieurs mis en cause attendent depuis des mois la programmation de leur procès, certains derrière les barreaux, d’autres sous contrôle judiciaire. La justice algérienne affiche ainsi sa volonté de solder rapidement les dossiers financiers restés en suspens.
Le procès de la FAF programmé pour le 29 septembre
Le 29 septembre marquera l’un des temps forts de cette rentrée avec l’examen du dossier de corruption visant la Fédération algérienne de football. Trois anciens patrons de l’instance, Charaf-Eddine Amara, Djahid Zefizef et Kheireddine Zetchi, comparaîtront aux côtés d’ex-cadres du bureau fédéral, dont plusieurs demeurent en détention provisoire.
Cette affaire traîne depuis le printemps. L’instruction avait été bouclée après l’audition d’une quinzaine de mis en cause par le juge du pôle de Sidi M’hamed, avant que l’audience ne soit reportée à plusieurs reprises à la demande de la défense. En juillet, la juridiction avait d’ailleurs confirmé le maintien en détention des trois anciens présidents.
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Les affaires d’incendies s’invitent dans la nouvelle année judiciaire
L’année judiciaire qui s’ouvre sera également marquée par les procédures liées aux feux qui ont dévasté plusieurs wilayas. Les enquêtes menées par les services de sécurité ont abouti à l’interpellation de personnes soupçonnées d’avoir allumé les foyers ou d’y avoir contribué. Ces suspects sont présentés devant le pôle pénal spécialisé dans la lutte contre le terrorisme, à Sidi M’hamed.
Le dossier suscite une attente considérable dans l’opinion, d’autant que les pouvoirs publics ont opté pour la fermeté. Début septembre, le Conseil des ministres a validé un durcissement des sanctions visant les auteurs d’incendies meurtriers, en parallèle du lancement des indemnisations destinées aux sinistrés.
La cour d’Alger et la Cour suprême relancent leurs audiences
Du côté de la cour d’Alger, plusieurs procédures reprennent leur cours, à commencer par celle visant les anciens ministres Abdelwahid Temmar et Hamid Temmar, ce dernier étant en fuite. Tous deux sont poursuivis dans le volet consacré à la privatisation et à la cession de biens publics au dinar symbolique.
La Cour suprême, enfin, redémarre son travail de contrôle. Ses formations vont trancher les pourvois formés contre des décisions rendues par les différentes cours du territoire national. Autant dire que les prochaines semaines s’annoncent particulièrement chargées pour l’ensemble de la famille judiciaire.
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