Réitérant son attachement à un dialogue sérieux : La société civile se voit dans le rôle de médiateur

dimanche 18 août 2019 à 14:43
Source de l'article : Reporters.dz

Les dynamiques de la société civile espèrent jouer le rôle de médiateur pour rapprocher toutes les visions, y compris celle du pouvoir, pour parvenir à une solution consensuelle à la crise. Ayant reporté la première rencontre de concertation au 24 août prochain au lieu d’hier, faute d’autorisation à temps de l’administration, les acteurs des dynamiques ont organisé une conférence de presse, où ils sont revenus sur les attentes et l’objectif de ce rendez-vous.

D’emblée, le Dr Lyès Merabet, coordinateur de la Confédération des syndicats algériens (CSA), explique qu’il était «impossible de risquer» de faire venir et inviter les participants à la rencontre, prévue initialement pour hier, à la Safex, «alors que jusqu’à jeudi à 18 heures, on n’avait pas encore obtenu de réponse de l’administration». Une autorisation finalement accordée par la wilaya d’Alger, bizarrement, «le vendredi vers 18 heures». Le Dr Merabet a, tout en espérant que l’autorisation sera remise «à temps» la semaine prochaine, dénoncé «les pratiques de l’administration qui n’est pas près de changer malgré la nouvelle situation imposée par le Hirak». «Tout a été libéré par le mouvement populaire, l’administration doit à son tour se libérer», a-t-il lancé.

Le coordinateur de la CSA, rappelant que les dynamiques avaient accompagné le mouvement populaire depuis le début, avant d’arriver à organiser la conférence du 15 juin, explique que l’objectif désormais est «d’élargir et construire un front commun autour d’une vision commune qui constituerait une sortie de crise». Plus que ça, «notre but est de voir comment constituer le médiateur pour réunir tout le monde, car la démarche du pouvoir ne peut pas, à elle seule, être la solution, autant pour les forces de l’alternative démocratique que les forces du changement», a soutenu l’orateur, appelant à «des concessions» de part et d’autre. Lyès Merabet regrette que le peuple ait pu construire son consensus dans la rue à travers les slogans, «alors qu’au niveau de l’élite et des organisations et syndicats, nous ne sommes pas parvenus à nous unir».

Dans le même ordre d’idées, Ahmed Ibrahimi de l’association El Baraka, représentant l’une des dynamiques de la société civile, a expliqué qu’à travers la rencontre du 24 août «nous voulons être une partie de la solution à la crise». Elle vise, par ailleurs, «à renverser le rapport de force pour faire comprendre au pouvoir que la solution n’est pas seulement entre ses mains», a-t-il ajouté, soulignant que «personne n’est à même de dire qu’il détient à lui seul la solution». Pour cela, il affirme que les dynamiques n’ont jamais été contre le dialogue, à condition qu’il s’agisse d’un «dialogue sérieux dont les résultats garantissent les revendications du Hirak, pour arriver à construire un Etat tel que souhaité par les valeureux martyrs». Sur ce dialogue, justement, et à la question de savoir si les dynamiques allaient accepter une invitation du panel de Karim Younès le cas échéant, Saïd Salhi de la LADDH répond : «On croit au dialogue, mais avec des conditions et des principes. Notre boussole est le Hirak. Ce que rejette le peuple, on le rejette, car on est et on restera en phase avec ses aspirations.» Clair, net et précis, pour le militant tant que la rue rejette le panel, il n’est pas question de s’asseoir avec lui autour de la même table. A ce propos, il critiquera «le dialogue à sens unique» et «la façon» avec laquelle a été constitué le panel. Lyès Merabet en rajoute une couche, en faisant allusion aux préalables, en particulier la libération des «prisonniers d’opinion et du Hirak et ceux qui ont été mis en détention pour leurs positions». Il a averti, cependant, contre le «cercle vicieux» de la représentativité et de «qui représente qui ?» concernant les jeunes et les étudiants, en les appelant «à profiter de la rentrée universitaire pour s’organiser et élire des représentants crédibles».
A une question sur la désobéissance civile, le conférencier a estimé qu’«on n’en est pas encore là», indiquant qu’il y a «d’autres formes de pressions, notamment à travers des grèves, pour pousser le pouvoir à réagir».

Houria Moula

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