Réformes politiques, Les partis oscillent entre satisfaction et scepticisme

Réformes politiques, Les partis oscillent entre satisfaction et scepticisme
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Les partis politiques algériens sont partagés entre satisfaction et scepticisme quant aux projets de loi approuvés en Conseil des ministres. Certains voient dans ces nouveaux textes un gage de bonne volonté d’aller vers de véritables réformes politiques, alors que d’autres ont exprimé des doutes quant aux intentions du pouvoir. C’est le cas notamment du président du Front national algérien, Moussa Touati, qui a remis en cause le processus des réformes, en soutenant que les autorités auraient dû commencer par la «loi principale» du pays et en «arriver aux lois organiques». La démarche des responsables «manque de bonne foi», raison pour laquelle, il dit que son parti n’y adhère pas. Et de conclure que le peuple a atteint sa maturité politique et que les autorités ne font que retarder la colère des citoyens à travers des mesures de replâtrage. De son côté, la secrétaire générale du Parti des travailleurs a jugé «le rythme des réformes très lent». S’exprimant hier, lors d’une conférence de presse, Louisa Hanoune a manifesté son insatisfaction quant à certains points contenus dans les projets de loi. Elle estime que le nouveau code électoral consacre l’hégémonie de l’administration et se dit contre le système des quotas pour les femmes. Le mouvement El Islah a émis, de son côté, des réserves sur l’application du contenu des projets de loi, précisant que «le pays dispose d’un arsenal de lois de qualité qui n’ont pas été appliquées». Même son de cloche du côté du Mouvement Ennahda qui note que «le problème reste la non-application des lois». Le président du mouvement, Fateh Rebai, a souligné, toutefois, que l’ouverture du champ audiovisuel et la création d’un conseil de déontologie de la profession de journaliste est «un pas satisfaisant que le parti avait revendiqué». Le mouvement En-Nahdha, a-t-il précisé, «n’est pas enthousiaste pour débattre et enrichir ces projets lorsqu’ils seront soumis au parlement en raison du non-amendement d’abord de la loi fondamentale, la constitution». Le Front de libération nationale estime, quant à lui, que les contenus de ces projets de loi devraient contribuer davantage au renforcement de la démocratie, à l’élargissement des libertés, à l’amélioration de la gestion des entreprises et à leur adaptation aux évolutions dictées par la mondialisation. Le FLN, indique son chargé de la communication, «est satisfait» du contenu des projets et du rythme mis en œuvre pour l’application des réformes. Le porte-parole du Rassemblement national démocratique, Miloud Chorfi a, pour sa part, exprimé «la grande satisfaction» de sa formation quant à l’approbation de ces projets «d’envergure», qui se veut, a-t-il dit, «une preuve du respect de l’Etat de ses engagements». Ces projets sont de nature «à conférer davantage de dynamique à l’action politique», a-t-il souligné. Le Mouvement de la société pour la paix, parti islamiste au pouvoir, a exprimé lui aussi sa

«satisfaction» de ces projets, affirmant que l’Algérie connaîtra «un bon qualitatif» en ce qui concerne les partis et les associations. Le parti de Bouguerra Soltani s’est, par ailleurs, distingué des autres formations de l’alliance, en proposant d’autres points pour compléter le contenu de ces projets, à savoir l’association d’un plus grand nombre de magistrats au contrôle des élections et l’adoption de dispositions pour mettre un terme à l’intervention de l’administration.

Aomar Fekrache