Réformes politiques, grogne sociale et crise financière,Programme chargé pour le gouvernement

Réformes politiques, grogne sociale et crise financière,Programme chargé pour le gouvernement

pal_855455037.jpgApplication du permis à points, mouvements de débrayage, annonce de décisions politiques sanctionnant les consultations conduites par Abdelkader Bensalah, extinction des foyers de tension, réunion tripartite consacrée aux questions sociales… La reprise ne s’annonce pas de tout repos. Pour les citoyens comme pour leurs ministres.

C’est bientôt la fin de la récréation et l’oisiveté du mois de ramadhan. Dans quinze jours, le gouvernement doit se mettre sérieusement au travail afin de rattraper les retards. Le ramadhan, que plusieurs ménages craignent, est passé sans faire trop «de dégâts», et ce, en dépit de la hausse des prix des produits de large consommation. Ainsi, les ministres qui n’ont pas un programme chargé en ce mois sacré, à part quelques réunions avec le Premier ministre et les auditions des soirées de ramadhan initiées par le chef de l’Etat, auront du pain sur la planche à calmer un front social en éternelle effervescence. C’est une véritable gymnastique qui attend au tournant l’Exécutif.

La particularité de la rentrée sociale de cette année est que le politique primera sur le social. Elle est dédiée aux réformes politiques annoncées par le chef de l’Etat, notamment la révision de la Constitution. Des réformes politiques à travers lesquelles le pouvoir entend répondre à une demande persistante d’ouverture exprimée par la classe politique. Bien que le processus de consultation mené par le président du Conseil de la nation Abdelkader Bensalah ait été boycotté par certains partis d’opposition et des personnalités politiques d’envergure, le contenu des réformes est d’une d’extrême importance pour plusieurs formations politiques. D’ailleurs, à peine le rapport final remis au président de la République, des voix se sont élevées pour réclamer l’annonce du contenu des réformes et les propositions faites par les hôtes de Bensalah. A ce sujet, le Mouvement de la société pour la paix (MSP), membre de l’alliance présidentielle, ne cesse de réitérer son appel à mettre à la disposition des partis politiques et des acteurs de la société civile la synthèse du rapport concernant les consultations sur les réformes menées par la commission Bensalah en juin dernier. Idem pour le Parti des travailleurs qui appelle à rendre publiques dans les meilleurs délais les décisions auxquelles ont abouti les consultations politiques. Le président de la République, quant à lui, ne panique pas. Il prend tout son temps avant de dévoiler sa feuille de route. Au chapitre social, la rentrée sera également chargée pour le gouvernement de Ouyahia. Elle verra la tenue de la réunion tripartite consacrée aux questions sociales. Cette tripartite interviendra cinq mois après celle dédiée aux questions économiques. Partie prenante de cette rencontre, l’UGTA, selon des sources, a d’ores et déjà finalisé ses propositions. Au sein de la Centrale syndicale on évoque notamment la question de la «révision du code de travail» qui aura pour conséquence l’abrogation de l’article 87 bis, ou encore la suppression de certains articles relatifs à l’IRG à défaut d’une revalorisation du SNMG pour les fonctionnaires. Les récentes augmentations ordonnées tous azimuts par le gouvernement n’ont pas apaisé le front social. Bien au contraire, elles ont stimulé la grogne syndicale. Ainsi, les autorités auront à affronter plusieurs mouvements de débrayage éprouvants. Travailleurs communaux, agents de la Protection civile, médecins résidents, anesthésistes… ont décidé de monter au front dès septembre prochain. Même les travailleurs d’Algérie Poste et les gardes communaux comptent reprendre le chemin de la protesta pour réclamer le versement de leurs indemnités. Comme chaque année, la chronique sociale est toujours meublée par les rentrées scolaire et universitaire. Enfin, le gouvernement algérien est dans l’obligation de sortir de son silence pour rassurer l’opinion publique sur la crise financière qui menace l’économie mondiale. De l’avis d’économistes, le gouvernement doit ouvrir le débat sur les 173 milliards de dollars de réserves de change placées dans les banques américaines notamment.

Hocine Larabi