Le Premier ministre, M. Sifi Ghrieb, a présidé samedi, au Palais des Nations à Alger, l’ouverture des travaux d’une conférence nationale consacrée au projet de loi portant amendement technique de la Constitution, ainsi qu’au projet de loi organique relatif au régime électoral.
La rencontre s’est tenue en présence du directeur de Cabinet de la Présidence de la République, M. Boualem Boualem, de plusieurs membres du Gouvernement, des chefs de partis politiques, ainsi que du président par intérim de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), M. Karim Khelfane.
À cette occasion, le directeur de Cabinet de la Présidence a présenté un exposé comprenant dix propositions d’amendements techniques de la Constitution. Parmi celles-ci figurent notamment l’introduction de l’obligation de justifier d’un niveau d’instruction pour se porter candidat à la fonction de président de la République, la clarification des modalités de prestation du serment constitutionnel, ainsi que la possibilité pour le président de la République de convoquer des élections locales anticipées.
S’exprimant devant les participants, le Premier ministre a souligné que ces révisions ne constituent pas de simples ajustements administratifs, mais traduisent la volonté ferme de l’État de poursuivre le renforcement du processus démocratique. Diffusée par la télévision publique, cette rencontre vise, selon lui, à expliquer en profondeur les mécanismes et les objectifs de ces réformes.
Pour Sifi Ghrieb, l’enjeu central demeure l’enracinement de l’État de droit sur des bases solides, à travers une modernisation continue du système juridique national, afin de répondre aux aspirations de la société et d’assurer une gouvernance plus efficace.
La Constitution de 2020, socle de la stabilité institutionnelle
Dans la seconde partie de son intervention, le Premier ministre a mis en avant la portée historique de la Constitution de novembre 2020, qu’il a qualifiée de « gain national majeur ». Ce texte, a-t-il affirmé, constitue le fondement essentiel de la consolidation démocratique en Algérie. Les amendements techniques proposés s’inscrivent ainsi dans la continuité de cette dynamique de réforme, avec pour objectif de renforcer la transparence des processus électoraux et d’améliorer les outils de gouvernance.
Il a également rappelé que le développement constant de l’arsenal juridique est une condition indispensable à la réussite du projet national. En associant les acteurs politiques à cette phase de concertation, le gouvernement entend favoriser une large adhésion autour de ces réformes, présentées comme une étape supplémentaire vers une pratique politique plus intègre et un système électoral plus performant.
Adoptée en novembre 2020, la Constitution a introduit des garanties démocratiques majeures, notamment la limitation du mandat présidentiel à deux mandats, consécutifs ou non. Elle a également confié l’organisation des élections à l’Autorité nationale indépendante des élections, garantissant ainsi la neutralité et la transparence du processus électoral.
Enfin, le texte constitutionnel a renforcé l’équilibre des pouvoirs en élargissant les prérogatives du Parlement et en instituant une Cour constitutionnelle en remplacement du Conseil constitutionnel. Ces réformes visent à consolider les contre-pouvoirs, à protéger les droits fondamentaux et à inscrire durablement l’Algérie dans une trajectoire fondée sur des institutions fortes et indépendantes.
