Une nouvelle ère s’ouvre pour le marché de l’emploi en Algérie. Désormais, aucun recrutement, qu’il soit dans le secteur public ou privé, ne pourra se faire sans la présentation d’un test de dépistage négatif aux stupéfiants et substances psychotropes.
C’est ce que stipule le dernier décret exécutif publié au Journal officiel le 27 janvier 2026. Ce texte, signé par le Premier Ministre le 14 janvier dernier, fixe les conditions et les modalités de prévention contre la consommation de drogues en milieu professionnel.
Les entreprises et administrations disposent d’un délai de six mois pour mettre leurs règlements intérieurs en conformité avec ces nouvelles dispositions.
Tests antidrogue : Une condition sine qua non à l’embauche
Composé de 16 articles, le décret rend obligatoire l’intégration de résultats d’analyses médicales prouvant la non-consommation de stupéfiants dans le dossier de candidature. Cette mesure concerne :
- Les candidats à un premier emploi.
- Les fonctionnaires et salariés se présentant à des examens ou concours professionnels.
- L’ensemble des institutions publiques, organismes d’État et entreprises du secteur privé.
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Le législateur a toutefois prévu le cas des personnes suivant un traitement médical spécifique. Les candidats utilisant des substances psychotropes pour des raisons de santé doivent impérativement déclarer les produits consommés et fournir un certificat médical justificatif.
L’accès au poste reste toutefois conditionné par la compatibilité de ce traitement avec les exigences et la sécurité liées aux missions de l’emploi visé.
Quel sort pour les tests positifs ?
Loin d’être une mesure d’exclusion définitive, le décret se veut également préventif et thérapeutique. Selon l’article 14, un candidat dont les résultats sont positifs n’est pas banni du monde du travail. Il pourra postuler à nouveau après avoir suivi un protocole de soins et des mesures thérapeutiques, conformément à la loi 04-18 de décembre 2004.
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L’arsenal juridique a d’ailleurs été renforcé par la loi 25-03 de juillet 2025, qui durcit considérablement les sanctions contre toute personne impliquant des mineurs, des personnes aux besoins spécifiques ou des patients en cours de sevrage dans le trafic ou la détention de stupéfiants.
Le texte précise que le traitement de désintoxication peut s’effectuer soit en milieu hospitalier spécialisé, soit en consultation externe sous surveillance médicale. Dans les cas requis, c’est le juge compétent qui désigne l’établissement chargé d’assurer le suivi thérapeutique du candidat concerné.
En somme, si le certificat négatif devient un sésame administratif, le décret souligne que ces dispositions ne doivent pas être perçues comme un frein à l’emploi, mais comme un levier de santé publique et de sécurité au travail.
