Recrudescence des attentats en Algérie : Les officiels jouent différentes partitions musicales

Recrudescence des attentats en Algérie : Les officiels jouent différentes partitions musicales
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Les récents attentats qui ont ensanglanté l’Algérie ont-ils un lien direct avec la guerre civile en Libye ? Ou plutôt sont-ils liés à la situation politique en Algérie ? La réponse varie selon les officiels algériens.

Pour le ministre algérien des Affaires étrangères, Mourad Medelci, il n’existe aucun lien probant entre les récents attentats en Algérie et la guerre qui fait rage en Libye. Pour le SG du FLN, Abdelaziz Belkadem, le lien est certain. En revanche, le ministre de l’Intérieur, Dahou Ould Kablia, lie la recrudescence des attentats à l’évolution de la situation politique en Algérie.



« En diplomatie, il faut être sérieux. Je ne peux pas dire sérieusement qu’il y a une relation évidente entre ces attentats et la situation en Libye », a affirmé Mourad Medelci vendredi 22 avril dans un entretien accordé à la radio algérienne chaine III.

Au moins 19 militaires, entre gendarmes et soldats de l’armée régulière, ont été tués, entre vendredi 15 et dimanche 17 avril en Algérie dans des attentats terroristes.

Cinq soldats et un gendarme ont été tués dimanche dans deux attentats à Amal et Bouderbala, à l’est d’Alger. Vendredi, au moins 13 militaires ont été assassinés lors d’une embuscade terroriste dans la région d’Azazga, en Kabylie.

L’ancien chef du gouvernement et actuel SG du FLN (Front de libération nationale), Abdelaziz Belkhadem, joue lui une autre partition musicale.

Interrogé mardi 19 avril par la même radio, M. Belkhadem a estimé qu’il existe un lien « certain » entre la recrudescence des actes terroristes en Algérie et le conflit qui opposant les forces du colonel Kadhafi aux insurgés libyens.

« L’instabilité politique en Libye est doublée d’une circulation des armes. Personne ne sait où vont ces armes. A partir du moment où les armes circulent sans contrôle, il est normal qu’elles soient utilisées par n’importe qui», avait affirmé le SG du FLN.

Le ministre de l’Intérieur et des collectivités locales, Dahou Ould Kablia, évolue dans un autre registre. Lui considère que les attaques contre les militaires sont liées à l’évolution de la situation politique en Algérie.

« Je lie cette reprise de cette activité à l’évolution de la situation politique dans le pays. Comme quoi, rien ne peut se faire dans ce pays si nous ne sommes pas partie prenante », a déclaré le ministre mercredi 20 avril à la radio chaîne III.

Si chaque officiel qui intervient sur le sujet offre une grille de lecture différente et interprète à sa manière les attentats terroristes en Algérie, il n’en demeure pas moins qu’aucun n’a condamné ces attaques qui ont coûté la vie à Algériens.

Faut-il s’en étonner? La politique de réconciliation nationale du président Bouteflika ayant de fait ramené la paix et la sécurité dans le pays, il est donc logique que les officiels se gardent de condamner les actes terroristes sous peine de délégitimer cette politique prônée par le chef de l’Etat depuis son arrivée au pouvoir en 1999.

Les victimes du terrorisme passeront donc par pertes et profits. Quand elles ne servent pas à justifier des calculs politiques.