La solution à la crise en Libye doit « provenir des Libyens eux-mêmes » et « il n’appartient à personne de fixer des conditions préalables », a déclaré à l’APS le Commissaire pour la Paix et la Sécurité auprès de l’Union africaine (UA), Ramtane Lamamra M. Lamamra s’exprimait en marge de la Réunion de haut niveau Etats-Unis-Union africaine qui se tient mercredi et jeudi à Washington. La délégation africaine à cette rencontre est conduite par le président de la Commission de l’UA, Jean Ping. Cette réunion sera également l’occasion de présenter la feuille de route africaine sur la crise en Libye à la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, qui doit rencontrer jeudi la délégation africaine.
Le plan africain appelle notamment à la cessation immédiate des hostilités, à l’acheminement de l’assistance humanitaire et à un dialogue entre les parties libyennes. Pour M. Lamamra, la démarche africaine consiste d’abord à « régler la crise en s’appuyant sur les Libyens eux-mêmes ».
En conséquence, l’UA « souligne l’importance et l’urgence d’un dialogue inclusif qui doit mener à une période transitoire tout aussi inclusive, c’est-à-dire aller au-delà des belligérants qui utilisent les armes en réunissant toutes les parties libyennes qui pourraient avoir une contribution positive pour déterminer l’avenir du pays », a-t-il expliqué. Dans ce sens, il a estimé que « cette transition inclusive, qui doit être aussi courte que possible, devrait justement permettre aux Libyens d’adopter des réformes politiques consensuelles qui devront prendre en charge les causes de la crise actuelle et, donc, répondre aux aspirations de la démocratie et de la réconciliation ». A ce propos, le diplomate algérien juge que « la solution doit être libyenne et il n’appartient à personne de fixer des conditions préalables ».
« Quel que soit le consensus des Libyens, qui sera forcément consacré démocratiquement par des élections transparentes avec des observateurs internationaux, il aura exprimé la souveraineté du peuple libyen et devra être accepté par toute la communauté internationale », a-t-il souligné. « C’est cela l’esprit dans lequel nous agissons en tant qu’Union africaine et sur quoi nous cherchons à rallier tous les acteurs internationaux dont la contribution nous semble indispensable dont celle des Etats-Unis », a-t-il précisé.
A la question de savoir si la feuille de route de l’UA avait des chances de désamorcer la crise en Libye, M. Lamamra explique que le plan africain présente les grandes lignes d’une solution et qu’il n’appartenait pas à l’UA de déterminer les détails de cette solution « car cela doit être laissé à l’appréciation et à la négociation des Libyens eux-mêmes ». En outre, précise-t-il, « il y a également un certain nombre de questions qui requièrent une technicité particulière ». Pour cela, rappelle-t-il, « l’UA a mis en place un groupe de travail composé de spécialistes en matière de surveillance de cessez-le-feu, qui travaillent avec l’ONU, la Ligue arabe, l’Organisation de la conférence islamique et l’UE ». En conséquence, ajoute-t-il, « les détails vont donc être déterminés au fur et à mesure ».
Au sujet de la feuille de route de l’UA, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton avait déclaré la semaine dernière que les Etats-Unis attendaient le compte-rendu complet de la délégation de l’Union africaine sur ce qui a été accompli et sur les conditions dont conviendraient les parties belligérantes pour mettre fin aux troubles en Libye.