À l’approche du mois de Ramadan, période traditionnellement marquée par une hausse significative de la consommation, les pouvoirs publics entendent renforcer leur vigilance afin de garantir la stabilité de l’approvisionnement du marché national. Dans un contexte où la disponibilité des produits de première nécessité constitue un enjeu majeur de confiance entre l’État et les citoyens, le gouvernement réaffirme son rôle de régulateur et de garant de l’équilibre économique.
C’est dans cette optique que le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a présidé, une réunion de coordination consacrée à la préparation du marché national en prévision du mois sacré. Tenue par visioconférence, cette rencontre a réuni les walis des différentes wilayas du pays, en présence du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, ainsi que de la ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Amel Abdellatif.
Une consommation en hausse : un défi logistique et économique
Chaque année, le mois de Ramadan s’accompagne d’une augmentation sensible de la demande sur plusieurs produits de large consommation. Les denrées alimentaires de base, telles que la semoule, l’huile, le sucre, les produits laitiers, ainsi que les viandes blanche et rouge, sont particulièrement concernées.
Conscient de ces enjeux, le Premier ministre a insisté sur « la nécessité d’adopter une approche proactive », fondée sur l’anticipation des besoins, la prévention des pénuries, la stabilité des prix et la fluidité des circuits de distribution. L’objectif affiché est clair : éviter toute perturbation du marché, souvent exploitée par des pratiques spéculatives ou amplifiée par des dysfonctionnements logistiques.
Afin d’assurer un suivi rigoureux et continu de la situation, des instructions fermes ont été données pour renforcer la coordination intersectorielle, aussi bien en amont que durant le mois de Ramadan. Parmi les principales mesures annoncées figure la mise en place de cellules locales de suivi et de coordination, placées sous l’autorité directe des walis.
Ces cellules auront pour mission de surveiller en temps réel les niveaux de stocks, l’état de la distribution et l’évolution des prix pratiqués, tout en facilitant l’intervention rapide des services concernés en cas de déséquilibre. Cette approche traduit la volonté des pouvoirs publics de rapprocher la décision de l’action, en confiant aux collectivités locales un rôle central dans la régulation du marché.
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Le rôle clé des walis et des acteurs locaux : quelles sont les revendications du ministre ?
Intervenant lors de cette réunion, le ministre de l’Intérieur a souligné le rôle pivot des walis dans la mise en œuvre concrète des orientations gouvernementales. Il a rappelé que la réussite de la préparation du Ramadan repose sur une mobilisation collective, impliquant non seulement les services de l’État, mais également les opérateurs économiques, les producteurs, les distributeurs et les associations de consommateurs.
Cette mobilisation vise à garantir la disponibilité continue des produits, à renforcer les mécanismes de contrôle et à préserver le pouvoir d’achat des citoyens, dans un contexte de forte sensibilité sociale. Au-delà des aspects purement techniques, la réunion illustre la responsabilité politique de l’exécutif dans la gestion des équilibres du marché durant une période cruciale.
En anticipant la demande et en coordonnant l’action publique à tous les niveaux, le gouvernement envoie un signal fort de vigilance et de proximité à l’égard des préoccupations quotidiennes des citoyens. L’État réaffirme ainsi son rôle de garant de l’intérêt général, faisant du mois de Ramadan non seulement un temps de spiritualité, mais également un défi organisationnel et économique à maîtriser.
Les précédents Ramadan ont en effet mis en évidence plusieurs dysfonctionnements récurrents : tensions ponctuelles sur certains produits, fluctuations de prix injustifiées, insuffisances dans la distribution locale ou encore retards dans l’intervention des services de contrôle. Ces constats ont conduit les autorités à adopter une approche plus structurée, territorialisée et anticipative.
Lutte contre la spéculation et responsabilité collective
Un autre enjeu central demeure la lutte contre les pratiques spéculatives. Les périodes de forte demande favorisent parfois des comportements illégaux, tels que la rétention de marchandises, le surstockage ou la hausse injustifiée des prix. Ces dérives accentuent artificiellement les tensions sur le marché et alimentent un sentiment d’inflation chez les ménages.
Le recours accru aux walis et aux collectivités locales n’est pas anodin. Il marque un choix politique assumé de territorialisation de la décision, où l’autorité centrale fixe le cadre et les orientations, tandis que l’exécution est adaptée aux réalités locales. Cette démarche vise à renforcer l’efficacité de l’action publique et à garantir une réponse rapide et ciblée aux déséquilibres éventuels.
