Le ministre de l’Industrie a annoncé qu’il présentera, dans quelques jours, “un dossier sur le redressement industriel”, assurant que “toutes les questions de l’investissement, du code de l’investissement et des procédures d’investissement” seront abordées “sans préjugé et sans dogme”.
“Il n’y a pas d’annonces. Les choses avancent et nous laisserons aux autorités supérieures le soin d’annoncer les accords auxquels nous allons parvenir, dans le cadre du partenariat entre la France et l’Algérie”, a prévenu, hier à l’hôtel El-Aurassi (Alger), le ministre de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement, Chérif Rahmani, lors d’un point de presse conjoint avec l’envoyé spécial français, Jean-Pierre Raffarin.
“La visite prochaine du président français, dont je suis chargé de mission, m’oblige à une certaine réserve, sur certaines conclusions de dossiers. Vous comprendrez que ce n’est pas à moi de prendre la parole sur des dossiers stratégiques. C’est de la responsabilité du président de la République française avec le président algérien”, a indiqué, pour sa part, M. Raffarin, en précisant que les dossiers Renault et Total, même s’ils ont bien avancé, “ne sont pas finalisés”. “Ces dossiers, qui étaient des dossiers d’entreprises, sont devenus des dossiers de filières”, explique le chargé de mission du président français.
De son côté, M. Chérif Rahmani a affirmé que “pour les dossiers lourds, les choses avancent bien, même si parfois nous ne communiquons pas, il y a beaucoup de rencontres entre les acteurs et partenaires. Le directeur de Renault est là depuis hier. Le directeur général de Sanofi était à Alger il y a une dizaine de jours. Dans quelques jours, je rencontrerai le responsable de Lafarge. Sonatrach et Total se reverront en décembre”.
M. Chérif Rahmani indique que les pouvoirs publics ne se substituent pas à ceux qui négocient. “Notre rôle est de les aider, de faciliter et de les rapprocher”, a-t-il ajouté. Dans le cas du projet Renault, les négociations se déroulent avec la SNVI. “Il y a quelques jours, un groupe de travail français était à Alger et demain, un groupe de travail algérien sera à Paris pour poursuivre les négociations”, a-t-il révélé. Pour rappel, un accord-cadre pour la réalisation d’une usine Renault en Algérie a été signé le 25 mai dernier. “Je ne peux vous donner aucun détail sur ce dossier, qui est toujours en négociation”, a-t-il indiqué.
Le ministre de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement souligne que les deux parties ont arrêté, “ensemble une feuille de route, opérationnelle, pratique, concrète et pragmatique”, évoquant un “tournant dans les relations entre les deux pays”.
M. Chérif Rahmani estime que “les deux pays sont dans l’obligation de se rapprocher”, insistant sur “la complémentarité et le potentiel fort” qui existent entre les deux pays. “Nous avons décidé de bâtir les relations sur l’économie, sur le réel et non plus sur les intentions et les discours”, assure le ministre de l’Industrie.
Il a annoncé que les deux parties ont identifié plusieurs filières stratégiques, citant l’automobile, la chimie, la pharmacie, les matériaux de construction, l’agro-industrie et la formation. “Il s’agit de construire de l’amont à l’aval”, a-t-il précisé, citant là aussi “l’expertise, le transfert de savoir-faire dans la production, mais aussi dans la commercialisation et même dans l’exportation”. “Nous avons évacué tout ce qui est toxique et enlevé tout ce qui est obstacle et nous avons cerné la solution”, a-t-il encore déclaré. “Nous avons mis les fondations pour aller vers une alliance industrielle stratégique, filière par filière”, a-t-il ajouté.
Interrogé sur la règle 51/49, le ministre de l’Industrie a annoncé qu’il présentera, dans quelques jours, “un dossier sur le redressement industriel” et que “dans ce cadre, nous mettrons à plat, entre autres, toute la question de l’investissement, du code de l’investissement et les procédures d’investissement. Nous aborderons, sans préjugé et sans dogme, l’ensemble des questions”.
De son côté, M. Raffarin, qui a salué “la méthode de travail à l’anglaise” mise en place par le ministre de l’Industrie, a invité les entreprises françaises “à venir en Algérie en respectant les règles du pays”.
Meziane Rabhi
