Voyageurs en voiture personnelle, transporteurs routiers ou passagers en traversée maritime, tous ceux qui quittent l’Algérie par voie terrestre ou maritime devront composer avec une taxe sur la consommation de carburant nettement remaniée. La Direction générale des impôts vient de préciser, dans une instruction adressée aux services fiscaux régionaux et locaux, les modalités de perception de ce prélèvement qui s’applique à chaque sortie du territoire.
Jusqu’ici cantonnée aux seules frontières terrestres, cette taxe étend son champ d’application au transport maritime, une nouveauté qui change la donne pour de nombreux voyageurs habitués à embarquer par bateau.
Taxe carburant : une tarification qui grimpe avec le nombre de sorties quotidiennes
Cette mise à jour découle de l’article 97 de la loi de finances pour 2026, qui modifie et élargit l’article 81 de la loi de finances 2021. L’instruction numéro 47, datée du 1er juin, expose les changements apportés au dispositif et fixe les tarifs en vigueur pour chaque catégorie de véhicule.
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Pour les voitures de tourisme, le texte instaure un système progressif inédit. Basé sur le nombre de sorties effectuées dans la même journée. Plus le véhicule traverse la frontière fréquemment, plus la facture s’alourdit :
- 1 000 dinars pour la première sortie de la journée
- 5 000 dinars pour la deuxième sortie
- 10 000 dinars pour la troisième sortie
- 25 000 dinars à partir de la quatrième sortie et au-delà
Les véhicules utilitaires, camions et bus obéissent à une logique différente, fondée sur le poids du véhicule plutôt que sur la fréquence des passages. La taxe s’applique à chaque sortie du territoire, avec un tarif fixé à 5 000 dinars par traversée pour les véhicules utilitaires et camions de moins de 10 tonnes, et 12 000 dinars pour les bus et camions dépassant ce seuil.
Paiement anticipé aux frontières terrestres, prélèvement à bord pour le maritime
Les modalités de paiement diffèrent selon le mode de sortie du territoire. Pour les véhicules franchissant une frontière terrestre, le règlement de la taxe intervient obligatoirement avant le départ. Soit auprès des recettes des impôts, soit via les moyens électroniques prévus à cet effet. Le propriétaire du véhicule doit ainsi s’acquitter du montant dû avant de quitter le territoire national.
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Pour les départs par voie maritime, ce sont les compagnies de transport qui se chargent de collecter la taxe directement auprès des passagers concernés. Ces sommes doivent ensuite être reversées au Trésor public sur une base trimestrielle. Via la déclaration fiscale G50 déposée auprès de la recette des impôts territorialement compétente. Les compagnies maritimes sont également tenues de transférer tout montant supplémentaire perçu à ce titre selon les mêmes modalités.
Autre précision apportée par l’instruction, en cas d’annulation du voyage et de remboursement du billet, le transporteur maritime doit restituer le montant de la taxe au passager, ce remboursement étant considéré comme faisant partie intégrante des sommes à rembourser.
Des exemptions élargies aux missions diplomatiques
Le dispositif prévoit également une liste d’exemptions. Auparavant réservée aux véhicules des administrations et établissements publics. Ainsi qu’à ceux des institutions algériennes se déplaçant à l’étranger pour des projets ou travaux qui leur sont propres, cette exonération s’élargit désormais.
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La loi de finances 2026 y intègre en effet les véhicules appartenant aux missions diplomatiques et consulaires étrangères accréditées en Algérie. Ainsi que ceux des représentations d’organisations internationales et de leurs agents. Conformément au principe de réciprocité entre États.
L’ensemble des sommes collectées au titre de cette taxe sur la consommation de carburant revient intégralement au budget de l’État. Ces dispositions sont entrées en vigueur depuis le 1er janvier 2026. Et la DGI a appelé l’ensemble des services fiscaux à veiller à une application rigoureuse des nouvelles procédures. Tout en signalant toute difficulté rencontrée sur le terrain.
