Que risque Youcef Belaïli après avoir signé deux contrats avec le MC Alger et l’ES Tunis ?

Le bras de fer entre le MC Alger, Youcef Belaïli et l’Espérance de Tunis va se jouer sur un terrain bien plus froid que les pelouses : celui des dates de signature. Selon des informations rapportées par El-Khabar, l’attaquant a bel et bien paraphé un contrat de deux saisons avec le Mouloudia le 10 juillet 2026, dans un hôtel sis à la capitale, contre un salaire faramineux de 1,9 milliard de centimes. Le club tunisien, lui, a annoncé son engagement le 14 août. Trente-cinq jours séparent les deux documents, et ce chiffre pèse lourd dans le règlement FIFA.
Deux contrats sur la même période exposent Belaïli au chapitre 4
Le point de départ du litige tient en une ligne du règlement du statut et du transfert des joueurs. L’alinéa 5 de l’article 18 prévoit qu’un joueur professionnel ayant apposé sa signature sur plusieurs contrats couvrant une même période bascule automatiquement sous le régime du chapitre 4. Autrement dit, la stabilité contractuelle devient le seul prisme d’analyse.
Encore faut-il établir l’existence matérielle des deux engagements. Le club tunisien a officialisé le sien par communiqué. Du côté algérois, la direction et le manager et porte parole Djamel Benlamri ont affirmé publiquement détenir un document signé, une position déjà défendue quand le MC Alger était sorti du silence dans l’affaire Belaïli au lendemain de la levée de la suspension.
Selon toujours El-Khabar, selon une source proche du dossier, « il ne s’agissait pas d’une simple promesse d’embauche ». Une clause suspensive conditionnait néanmoins « l’entrée en vigueur du bail à la visite médicale et à la levée de la sanction internationale ».
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L’Espérance de Tunis rattrapée par la présomption d’incitation
En signant en second, l’Espérance de Tunis entre dans une zone à risque. L’alinéa 11 de l’article 17 pose une règle mécanique : lorsqu’un joueur s’engage ailleurs dans les 45 jours suivant la rupture de son précédent contrat, le nouvel employeur est présumé l’avoir poussé à rompre. Avec 35 jours d’écart, la présomption s’applique d’office et c’est à l’Espérance de démontrer le contraire.
L’alinéa 9 du même article ajoute une responsabilité conjointe et solidaire dans le paiement des sommes dues. Concrètement, le MC Alger ne poursuivrait pas seulement le joueur, mais aussi son club actuel. La transformation du dossier en litige international découle directement de la signature avec une formation étrangère.
Une facture qui frôle les 48 milliards de centimes
L’addition potentielle donne le vertige. L’alinéa 4 de l’article 17 permet au club lésé d’obtenir réparation intégrale du préjudice, en tenant compte de la valeur des services perdus, de l’indemnité de transfert évaporée et des frais engagés. L’alinéa 5 borne toutefois le calcul à la durée restante de l’accord.
Belaïli n’ayant jamais évolué sous le maillot vert et rouge, l’intégralité des deux années resterait à courir. Sur la base des émoluments négociés, révélés lorsque les détails du contrat juteux de Belaïli avaient enflammé les réseaux, la note approche les 48 milliards de centimes. Des dommages sportifs et économiques supplémentaires pourraient s’y greffer.
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L’enregistrement par la LFP ne pèse rien devant la FIFA
Dans des déclarations accordées à la chaine sportive El-Heddaf, l’Oranais a expliqué que son engagement algérois « avait perdu toute valeur », faute d’enregistrement auprès de la Ligue professionnelle dans les dix jours. L’argument possède une part de justesse sur le plan interne, mais il ne franchit pas les portes de Zurich. L’instance mondiale examine les baux, leur durée et leur validité, sans se soucier des procédures de qualification nationales.
Ce délai de dix jours relève d’ailleurs d’une décision prise sous la présidence de Mohamed Raouraoua, destinée à empêcher les clubs de faire signer des dizaines de joueurs pour n’en retenir qu’une poignée. Le Doyen conserve par ailleurs la possibilité de solliciter une dérogation, en invoquant l’interdiction qui frappait l’attaquant depuis la sanction prononcée par la FIFA en mars.
Pour rompre unilatéralement pour juste cause sportive, une procédure existe : mise en demeure, absence de réponse, puis notification écrite. Rien de tel n’a été entrepris. Le joueur, dont le clan avait conditionné toute signature au verdict du TAS, était de toute façon inéligible avant le 14 août, dans n’importe quel championnat.
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