Une nouvelle polémique agite les réseaux sociaux et l’opinion publique en Algérie. Le célèbre créateur de mode international Zuhair Murad est au cœur d’une controverse après la présentation de son dernier défilé, dans lequel plusieurs tenues ont été perçues comme fortement inspirées du Karakou algérien, un vêtement traditionnel emblématique du patrimoine vestimentaire féminin en Algérie.
À LIRE AUSSI : Quand la mode s’inspire : la tenue de Miley Cyrus rappelle le Karakou algérien
Très rapidement, des internautes algériens ont relevé des similitudes frappantes entre certaines créations du styliste et le Karakou, notamment au niveau des coupes structurées, des broderies riches et des motifs décoratifs.
Pour de nombreux observateurs, ces éléments ne relèvent pas d’une simple coïncidence stylistique, mais traduisent une influence directe du vêtement traditionnel algérien. Le point qui cristallise la controverse reste toutefois l’absence de toute mention explicite de cette inspiration dans la communication officielle autour du défilé.
L’absence de reconnaissance du styliste libanais Zuhair Murad fait réagir les réseaux
Sur les réseaux sociaux, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme une invisibilisation du patrimoine algérien. Les critiques estiment que lorsqu’un créateur s’inspire d’un héritage culturel précis, en particulier dans le cadre d’une exposition internationale, il est essentiel d’en reconnaître clairement l’origine.
Pour eux, il s’agit non seulement d’une question de respect culturel, mais aussi de valorisation d’un patrimoine souvent marginalisé sur les grandes scènes de la mode mondiale.
À LIRE AUSSI : Mariage d’un Algérien refusé en France : la justice impose 500 € par jour au maire de Chessy
Voir cette publication sur Instagram
D’autres intervenants adoptent une position plus nuancée. Ils rappellent que l’inspiration des vêtements traditionnels est une pratique courante dans l’industrie de la mode, où les créateurs puisent régulièrement dans différentes cultures pour nourrir leur créativité.
Selon cette vision, l’emprunt stylistique fait partie intégrante de l’évolution de la mode contemporaine. Toutefois, même parmi ces voix plus modérées, nombreux sont ceux qui reconnaissent que le débat devient légitime lorsque l’inspiration n’est ni documentée ni revendiquée.
Face aux critiques, le styliste ferme les commentaires sans s’expliquer
Face à la multiplication des commentaires d’internautes algériens rappelant l’origine du Karakou et dénonçant une appropriation culturelle sans reconnaissance explicite, la réaction du styliste s’est faite attendre. De nombreux utilisateurs ont pris le temps d’expliquer l’histoire de cette tenue traditionnelle algérienne, son importance culturelle et la nécessité d’en citer clairement la source lorsqu’elle est reprise sur des scènes internationales.
Toutefois, au lieu de répondre à ces critiques ou de publier un communiqué officiel, le créateur a choisi de désactiver les commentaires sur les publications concernées.
À LIRE AUSSI :Clip Assala avec « Khit Errouh »: la toile algérienne se révolte
Le public a perçu cette décision comme une tentative d’éviter le débat plutôt que de l’assumer. L’absence d’excuses officielles ou de clarification sur l’origine de l’inspiration a renforcé le sentiment de frustration chez de nombreux internautes, qui y voient un manque de considération pour le patrimoine culturel algérien.
Pour eux, fermer les commentaires ne règle pas la question de fond, mais accentue au contraire l’impression d’un refus de reconnaissance.
Patrimoine vestimentaire algérien : où s’arrête l’inspiration dans la mode internationale ?
Cette polémique dépasse ainsi le seul cas de Zuhair Murad. Elle relance un débat plus large sur la protection du patrimoine culturel immatériel et sur les frontières entre inspiration, hommage et appropriation culturelle. En Algérie, le Karakou n’est pas un simple vêtement : il incarne une histoire, un savoir-faire artisanal et une identité transmise de génération en génération.
À LIRE AUSSI : Jijel : Le port de Djen Djen accueille le plus grand porte-conteneurs jamais vu en Algérie
À l’heure où les créations circulent instantanément à l’échelle mondiale, la question de la reconnaissance des sources culturelles devient centrale. Pour de nombreux observateurs, cette affaire souligne la nécessité d’un cadre plus clair pour protéger et valoriser les patrimoines nationaux dans les plateformes internationales, tout en encourageant un dialogue respectueux entre tradition et création contemporaine.
